1. Version française


    Datte: 31/05/2022, Catégories: fh, Collègues / Travail amour, cérébral, revede, vidéox, caresses, pénétratio, jeu, portrait, québec, rencontre, Auteur: Amarcord

    ... taisent, elles se sont retirées à petits pas, après s’être confiées l’essentiel : la pure incandescence du désir. Elle n’a jamais été si nue, si offerte, je n’ai jamais été si raide, si bouleversé. La flamme de la bougie lèche son corps nu, et moi je la lèche aussi, je la bois, je lui bouffe la touffe, je lui dévore le cul, elle me mord et me suce et me caresse, nous ne nous refusons aucune couleur sur la palette, des plus tendres douceurs aux plus troublantes cruautés.
    
    Nous ne sommes plus que fièvre, chaleur, musique, Coltrane rugit dans mes veines, Miles Davis souffle l’insoutenable douceur de son corps qui se donne au mien. Nous jouissons ensemble, miraculeusement synchronisés.
    
    Et c’est comme une longue rumeur accordée, celle d’une vague s’échouant sur la terre promise.
    
    ⁂
    
    Alix et moi ne nous sommes plus jamais quittés.
    
    Parfois elle me mène encore en bateau. Parfois mes prudences et mes hésitations l’agacent. Il y a de courtes bouderies, de petites disputes, des humeurs mal assorties ou des malentendus sans gravité. Mais rien n’est jamais venu remettre en cause cette évidence : elle est la femme de ma vie, la meilleure cliente de mes pitreries, la complice de tous mes rires et l’unique source de tous mes frissons.
    
    Il paraît qu’on a l’air con, aujourd’hui, quand ose parler d’amour. L’amour qu’on vit avec gratitude, l’amour qu’on écrit à deux comme une aventure, pour que l’autre ne soit jamais une habitude. L’amour qu’on se dit parfois, l’amour qu’on fait ...
    ... tout le temps, sans décodeur, sans modèles, sans script, sans images imposées, sans miroirs déformants, sans attirail, sans plugs, sans ploucs, sans témoins, sans invités, sans cocufiages négociés, sans gang-bangs, sans tous ces parasites sur la fréquence de notre pur désir.
    
    Alors, laissez-moi vous le dire : dans ce cas, je suis vraiment le roi des cons, et elle est bien la reine des pommes.
    
    Depuis, elle est aussi devenue la mère de notre petiote. Et mon associée en affaires.
    
    Nous avons créé ensemble une petite maison d’édition intituléeVersion doublée. Nous y publions un catalogue d’audio-livres dont nous assurons nous-mêmes l’enregistrement.
    
    Nos voix y habillent et déshabillent les fantasmes des autres, dansant autour de leurs phrases les plus audacieuses, en articulant de troublantes chorégraphies vocales : valses lentes, tangos langoureux, salsas épicées, pogos déjantés. Parfois, c’est vrai, certains textes nous inspirent plus que d’autres, et nous joignons à nouveau le geste à la parole.
    
    Ce projet n’était pas vraiment commercial. Il se destinait d’abord à ceux dont les yeux sont éteints ou usés, ceux qui ont le corps fatigué, mais l’âme sensible. Des auditeurs attentifs, virtuoses même, capable d’aussitôt reconnaître dans le souffle d’une voix un accent de vérité, une empreinte d’émotion, une trace d’authentique désir. Ce sont eux qui nous ont le mieux écoutés. Ils ont dû comprendre que telle était notre seule façon de conjuguer sexe et partage. Le murmure ...