1. Version française


    Datte: 31/05/2022, Catégories: fh, Collègues / Travail amour, cérébral, revede, vidéox, caresses, pénétratio, jeu, portrait, québec, rencontre, Auteur: Amarcord

    Un long silence s’était invité ce jour-là dans le bureau lumineux où trônait cette femme élégante, juste après que je lui eus fourni le« pitch » du film que je tentais de lui vendre. J’ignorais si je devais le prendre pour un indice d’ennui ou plutôt de mépris. Peut-être mettait-elle dans ce long délai à réagir un soin délibéré. La négociation commerciale avait-elle déjà commencé ? J’étais préparé à ce qu’elle mobilise tous les stratagèmes pour me déstabiliser. Mais pas à celui qu’elle finit par dégainer.
    
    — J’aime beaucoup votre voix. Elle est posée, profonde, avec un grain intéressant.
    
    Elle dut savourer mon trouble, car je crus apercevoir un infime étirement à la commissure de ses lèvres.
    
    — Et puis vous racontez bien. Encore une chance, d’ailleurs, parce que pour ce qui est de l’histoire elle-même, ma foi…
    — J’avoue que c’est sans surprise. Conforme aux standards du genre.
    — En effet. Je ne vous le reproche pas. Vous savez, l’unité de production et programmation que je dirige ne diffuse pas à l’antenne que des chefs d’œuvres. Tout ce que les abonnés à notre chaîne cryptée réclament, c’est du foot, et je ne suis pas là d’un très grand secours. Et puis à part ça, ils veulent de la fiction, si possible avec une bonne petite dose de piment : de la chatte, de la bite, du nichon. C’est davantage mon rayon.
    
    Dans sa jolie bouche couverte d’un rouge à lèvres d’une teinte discrète, ces mots crus sonnaient comme des intrus. Cette fille était faite d’un alliage étrange : ...
    ... la volonté était manifestement de fer, mais une lueur de malice bien plus douce brillait dans son regard, comme une forme de politesse, une façon de signifier qu’elle pouvait se montrer rude sans vous être hostile. À un peu moins de trente-cinq ans, c’est en tout cas l’âge que je lui attribuais, elle avait probablement dû batailler ferme pour prétendre à de telles responsabilités sur ses seuls mérites, et elle ne voulait sans doute ni abuser de sa féminité, ni l’éteindre pour asseoir son autorité. Féminine, elle l’était pourtant, de façon naturelle, élégante sans être sophistiquée à l’excès. Une longue jupe en crêpe noir, à la coupe fluide et contemporaine, mettait en valeur sa silhouette, alors qu’un pull à col roulé sans manches de la même couleur révélait la peau mate de ses magnifiques épaules et de ses bras fins, tout en soulignant un long cou dégagé par une coupe de cheveux courte et brune, un peu ébouriffée. Pas de bijoux voyants, juste une belle montre d’homme rectangulaire, et aux pieds, une paire de solides bottines montantes à lacets, noires elles aussi. Entre femme fatale et Lara Croft, Alix Averseng avait trouvé un juste milieu ; elle avait en tout cas trouvé son style, à la fois moderne et soigné. Il me parut d’une classe folle, bien assorti à son intelligence si vive.
    
    — Quoi qu’il en soit, Monsieur…
    — Bismuth. Paul Bismuth.
    — Bien sûr, excusez-moi. Quoi qu’il en soit, Monsieur Bismuth, les choses ont bien changé, depuis les débuts deCanaille But. Les gens ...
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