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Atelier d'artisanat - 4
Datte: 02/08/2021, Catégories: mélo, Auteur: Passerose, Source: Revebebe
... de désir devant une femme qui s’offre, c’est inhumain. Je dois être malade de refuser pareille occasion. Faut-il que je sois parano pour me méfier à ce point d’un piège tendu par l’avocat de la partie adverse. J’en suis là de mes réflexions quand retentit un nouveau coup de sonnette. Que m’arrive-t-il ? Une autre revenante. Celle-ci est blonde, mais tout aussi souriante et plaisante à regarder : C’est Sylvie en reine de beauté, de la pointe des cheveux aux bouts des ongles, resplendissante, éblouissante, femme épanouie, proche d’une trentaine savoureuse, fruit mûr à cueillir sans tarder. Le diable a juré de me faire succomber aujourd’hui. Elle entre, on se salue, on se donne une accolade qui me surprend. On se tutoie, mais jusqu’à présent nos salutations ne m’avaient pas révélé avec précision les formes et la chaleur de ce corps qui reste contre le mien plus qu’il n’est d’usage, aussi curieux du mien que je le suis de lui. C’est une redoutable attaquante. D’entrée elle marque des points en prolongeant ce rapprochement subit. Pendant des semaines nous nous sommes vus de façon neutre pour régler nos témoignages réciproques puis nous nous sommes oubliés. Quelques projets de sorties sont restés lettres mortes, nos rencontres se sont espacées. Et tout à coup le reclus se transforme en saint Antoine tenté par de magnifiques créatures. — Mon cher Paul, il y a bal ce soir à la salle des fêtes. Tu ferais un cavalier de rêve. Voudrais-tu me faire ce plaisir ? J’ai aussi à ...
... t’entretenir d’événements récents concernant nos actions en justice. Cesse de me regarder comme si je descendais du ciel, dis-moi oui. Demandé aussi gentiment, avec une accolade encore plus appuyée, ça ne saurait se refuser. J’accepte en cachant mon enthousiasme. Sylvie se souviendrait-elle de sa lointaine invitation : — Si tu es seul, fais-moi signe. Je n’ai pas oublié, mais je n’ai jamais trouvé le courage de me présenter. Elle est magnifique au point de m’intimider et seules des circonstances étranges nous ont rapprochés. Au bal, Rose et moi adorions danser. La journée est chargée. — Ce bal a-t-il un caractère particulier ? Faut-il se déguiser ? — Non, c’est un bal au profit des orphelins en vue des fêtes de fin d’année. C’est une association qui l’organise. Je crois que je vous ai vus danser il y a deux ans, toi et Rose à ce bal. — Rose : sais-tu qui vient de me rendre visite cet après-midi, avant toi ? — Non, mais je vais l’apprendre ? — D’abord j’ai eu la surprise de recevoir Maurice, ce garçon qui l’avait accueillie quand elle a décidé de partir. Le malheureux vient de la perdre et m’a annoncé qu’elle vivait chez ses parents. Que me voulait-il ? — Peut-être soupçonnait-il qu’elle s’était réfugiée chez toi. — À peu de choses près il aurait pu le croire. À peine était-il parti que Rose sonnait à ma porte. — Cherchait-elle Maurice ? Je plaisante, mais c’est curieux, continue, je te dirai après… Et que voulait-elle ? — Ensorcelante, parfaitement à l’aise, elle ...