1. Atelier d'artisanat - 4


    Datte: 02/08/2021, Catégories: mélo, Auteur: Passerose, Source: Revebebe

    ... fermer les yeux. Mais au moins eût-elle eu l’occasion de constater par elle-même ce que ces gens attendaient d’elle.
    
    Comme tout devait se dérouler loin de mes yeux, je n’aurais pas eu ce rôle de paratonnerre sur lequel Rose avait envoyé sa colère. En m’interposant, j’avais attiré la foudre sur moi. Je l’aimais, je souhaitais vivre avec elle, j’avais voulu la protéger malgré elle. Avec un peu de patience, j’aurais laissé à Rose le temps de faire quelques expériences, d’en tirer les conclusions pour son avenir. Et Rose, passé ce temps de découvertes, formée par quelques escapades hasardeuses, se serait raccrochée à ce qui lui aurait semblé solide ? A cette hypothèse on peut opposer qu’elle aurait tout aussi bien pu prendre goût au jeu, multiplier les aventures de façon de plus en plus provocante pour découvrir à quel point j’étais aveugle. Certains souhaitent voir leur femme jouir entre les bras d’un ou de plusieurs amants, grand bien leur fasse. Il est possible que le bonheur de leur vie soit lié à l’assouvissement des désirs de leurs épouses. Cette forme de bonheur leur convient ; j’envie cette façon d’aborder la vie de couple : les cocus heureux ne divorcent pas.
    
    J’avais fini par perdre ce à quoi je tenais le plus au monde, l’amour de Rose. Elle s’était vengée des obstacles que j’avais dressés sur le chemin de son émancipation. Parce que je l’aimais, par maladresse, j’avais donné trop d’importance à Gilles et, dans son désarroi, elle m’avait considéré comme le ...
    ... responsable de la déroute de son idylle. Enfin, pendant que j’essayais de déblayer la route, par vengeance elle avait accueilli Alain et Karim, s’était livrée à eux en mon absence avant d’accorder à Maurice l’occasion de la venger. Mon retour avait empêché le troisième larron de la posséder à son tour, voilà pourquoi il rôdait comme une âme en peine dans notre quartier. Espérait-il que j’allais encore m’absenter ?
    
    Après la sinistre découverte des preuves de la dernière et double infidélité de Rose, sans un mot, j’allai déposer le sac poubelle sur le trottoir. Une ombre avançait, marqua un temps d’hésitation et s’apprêtait à faire demi-tour. Bien que ne l’ayant pas vraiment reconnu, j’appelai :
    
    — Maurice, voudriez-vous venir : j’ai à vous parler. Venez, s’il vous plaît.
    
    Il vint à moi et je l’emmenai par le jardin jusqu’à la porte de la cuisine. Rose avait disparu. En arrivant au salon, accompagné de ce quasi inconnu, j’entendis des bruits dans ma chambre à coucher. Le grand Maurice, pas très à l’aise, prit place en face de mon fauteuil pendant que je sortais des verres à eau-de-vie et une bouteille de mirabelle. Nous avons trinqué à notre santé avant d’entamer la conversation
    
    — Je suppose, mon cher, que vous connaissez ma femme, Rose ?
    — Effectivement, je l’ai rencontrée à l’atelier d’artisanat où j’enseigne.
    — Vous avez une spécialité ?
    — Le travail de l’étain.
    — Ah ! Voilà une activité qui pourrait m’intéresser. J’ai eu l’occasion de découvrir de jolies réalisations ...
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