1. Atelier d'artisanat - 4


    Datte: 02/08/2021, Catégories: mélo, Auteur: Passerose, Source: Revebebe

    ... compromis de vente à mon grand soulagement. L’illusion ne dura que six jours.
    
    Pendant ce temps le juge aux affaires familiales avait conclu de notre entrevue que nous ne souhaitions pas de conciliation. Ce samedi après-midi, il pleuvait, c’était l’hiver, j’avais organisé mes travaux ménagers pour la semaine et, assis devant la télévision, je repassai mon linge. Cette année, pour la première fois je ne dresserais pas de sapin de noel, je n’inviterais personne et personne ne m’inviterait. Je vivais en reclus. Un premier coup de sonnette me tira de mes rêves éveillés. J’ouvris ma porte à Maurice. Il était seul, plus affligé que moi : Rose venait de le quitter et était retournée chez ses parents. Nous trinquâmes à toutes les filles qui nous attendaient. Je lui rappelais qu’une de perdue c’était dix de trouvées ! Vieil adage imbécile dont j’étais le parfait contre-exemple et qui ne pouvait passer que bien arrosé !. J’essayai de le persuader qu’il méritait mieux que la traitresse, il versa quelques larmes dans son alcool, mais repartit consolé après m’avoir annoncé que le fameux atelier d’art avait été chamboulé par les départs simultanés et inexpliqués de Gilles, Alain et Karim. Il m’invita à venir le mardi soir observer sa section au travail.
    
    Il m’avait quitté depuis un quart d’heure, j’avais eu le temps de laver les verres et de ranger la bouteille quand la sonnette m’annonça une autre visite. Ils étaient sortis ensemble, ils revenaient le même jour, après une si longue ...
    ... absence. Devant moi, toujours aussi séduisante, fardée avec soin, souriante, heureuse de me revoir, bras tendus Rose se préparait à réinvestir son ancien domaine.
    
    — Bonjour Paul. Embrasse-moi. Tu ne vas pas bien. Oh ! Mon chéri, comme je suis contente de te revoir.
    
    D’un pas décidé elle était entrée, m’avait tendu sa bouche et s’était étonnée de recevoir un baiser sur chaque joue. On aurait pu croire qu’elle revenait d’un lèche-vitrine d’une heure ou deux. Et moi tout à ma surprise je laissais faire.
    
    — Alors, il paraît que tu veux vendre la maison ? Est-ce raisonnable ? Où iras-tu ? Imagine que je veuille revenir vivre avec toi, comment ferions-nous pour nous loger ?
    — Tu comptes revenir ?
    — Si tu veux de moi, avec joie. Tu sais, j’ai changé. Désormais je vis chez mes parents. Je me suis rangée. J’ai vécu un temps avec Maurice mais je viens de le quitter, je n’arrête pas de penser à toi et aux jours heureux de notre mariage.
    — Tu vis seule ?
    — Comment pourrais-je me lier avec un autre. Je t’ai dans le cœur, je t’ai dans la peau. Crois-moi, je suis folle dingue de toi.
    
    Oui, j’étais heureux de ce retour de Rose, je me proposais d’ouvrir une bouteille de champagne pour célébrer la fin de l’insupportable solitude. Elle était devant moi, belle, attirante, disposée à une réconciliation sur l’oreiller avec son chéri en manque d’affection depuis des mois, elle reprenait avec un naturel époustouflant son rôle de maîtresse de maison, se déplaçait à l’aise, jetait un coup ...
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