1. Atelier d'artisanat - 4


    Datte: 02/08/2021, Catégories: mélo, Auteur: Passerose, Source: Revebebe

    ... Rose m’a dit qu’elle vous quittait et a accepté mon hospitalité. Je vais prendre soin d’elle, je vous le promets. Si vous divorcez, je m’engage à la soutenir et à l’épouser si elle veut de moi.
    
    Rose a l’air satisfait. Comment s’y est-elle prise ? Dans son dernier sourire je lis un signe de reconnaissance. La larme qui coule sur sa joue lorsqu’elle m’embrasse avant de franchir le seuil m’émeut et j’écourte les adieux pour cacher les larmes qui m’échappent.
    
    — Bonne chance à vous deux.
    
    Elle est partie, maintenant je peux pleurer : ça ne fera de mal à personne. Je la revois en robe de mariée, les yeux plantés dans les miens, promettant fidélité et assistance avec une telle ferveur. On s’engage à vie, c’est exaltant mais un beau jour on se rend compte que des tentations font déraper, que la promesse sincère devient un poids. Ensuite je l’entends réclamer à Gilles de lui faire un enfant ; et ce dernier « Paul je t’aime » pendant notre dernière promenade.
    
    Assommé par tant d’émotions je m’endors. Au réveil, j’ai cherché Rose, j’ai visité chaque pièce : ce n’était pas un mauvais rêve, j’étais seul. Rose était absente. Chaque chambre, la cuisine, chaque meuble, chaque siège, chaque ustensile, le lave linge, le panier à linge, la coiffeuse, le lit, ce maudit matelas et les pétales de pivoines fanés, le silence de la salle de bain, le silence de toute la maison : tout me criait que j’étais seul, seul. Plus de chants joyeux, plus de cris de joie, plus d’appels pour un oui ...
    ... ou pour un non : le vide, la solitude. Plus de taquineries, plus de disputes futiles, plus de marques de tendresse, plus de je t’aime. Et ce jour là je décidai qu’il me serait impossible de vivre dans cette maison trop chargée en souvenir, hantée par le fantôme de mon amour. Le temps de tout remettre en ordre et j’appellerais une agence immobilière.
    
    Il y eut les démarches pour notre divorce, quelques contacts rapides avec Sylvie pour le sien, la recherche d’un avocat, le montage d’un dossier pour faute avec tout ce que cela comporte de pénible. C’est avec joie que je retrouvais mon travail à la fin de mes congés payés pour enfin échapper à la sinistrose. Rose et moi ne correspondions que par nos avocats, je ne savais pas si elle demeurait chez Maurice. Ses parents devaient m’imaginer en diable et me laissaient sans nouvelles. Jamais dans ma propre famille personne n’avait divorcé, j’étais le vilain petit canard. L’atmosphère était étouffante. Et, pour ne rien arranger, l’agence immobilière déploya un zèle extraordinaire pour dénicher l’oiseau rare qui achèterait ma maison. Comme mon salaire me permettait de rembourser régulièrement mes emprunts, je refusais de céder aux sollicitation du responsable d’agence prêt à vendre à n’importe quel prix pour toucher sa commission. Les candidats défilaient à un rythme incroyable, acheteurs potentiels ou simples curieux. Un couple de retraités se présenta, vint et revint en visite, tenta de faire baisser le prix et finalement signa le ...
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