1. Atelier d'artisanat - 4


    Datte: 02/08/2021, Catégories: mélo, Auteur: Passerose, Source: Revebebe

    ... cœur est brisé, je ne sais plus que faire ou que dire. J’étouffe mes émotions sous les questions pratiques
    
    — Où pars-tu ? Vas-tu chez tes parents ? Quand veux-tu me quitter ?
    — Je t’ai fait trop de mal. Je vais partir dès que j’aurai bouclé cette valise. Si tu veux tu feras des cartons avec mes autres affaires et je passerai les prendre quand j’aurai trouvé un endroit où loger. Tu veux ?
    — Ça ne presse pas à ce point. Enfin fais comme tu veux. Je te regretterai. Je voulais te présenter un visiteur qui attend au salon. Peux-tu me faire ce dernier plaisir ? Jouer à l’hôtesse une dernière fois ?
    
    Rose me suit, feint la surprise en voyant Maurice
    
    — Bonsoir Maurice, c’est vous notre visiteur du soir ?
    — Bonsoir, Rose, votre mari m’a invité à venir boire un verre et à discuter.
    
    Un silence suit ce court échange. Je prends les choses en main.
    
    — Voilà, ma chère Rose, tu m’as dit pendant notre petite promenade que tu n’avais pas eu le temps de recevoir notre ami Maurice durant mon absence car tu étais déjà très occupée avec deux autres visiteurs pressés. J’ai voulu réparer cette impossibilité regrettable et j’ai profité de son passage devant notre porte pour le faire entrer.
    — Je vous remercie pour votre accueil, Paul.
    — Tu as bien fait. Nous allons entendre ce que Maurice avait à me dire.
    
    Aie, c’est embêtant. Il faut que je sorte. Qu’inventer pour les laisser seuls ?
    
    — Excusez-moi, je reviens dans un instant.
    
    Comment ce timide oserait-il répéter devant moi ...
    ... ce qu’il a dit plus tôt ? Laissons-lui une chance. Sinon je vais encore devoir forcer le destin. Puisque Rose me quitte, mieux vaut lui trouver une solution acceptable. Ce célibataire qui a de quoi l’héberger, prêt à se fixer et qui souhaitait la connaître au sens biblique du mot serait la solution idéale. Au retour, je m’arrête à la cuisine et appelle Rose.
    
    — Alors, que dit-il ?
    — Rien. Je ne reconnais pas le gars qui était à la porte et qui voulait absolument entrer.
    — Ecoute-moi : ce type est amoureux de toi, sérieusement amoureux : c’est ce qui le perd. Par ailleurs il pourrait te recevoir chez lui ce soir, si tu le lui demandais.
    — Mais comment veux-tu que je lui demande ça ?
    — À ta place, je sauterais sur l’occasion. Je suppose que cela ne t’enchante pas de retourner chez papa maman, je ne te connais pas d’autre lieu d’accueil. L’expérience malheureuse que nous venons de vivre pourrait tourner à ton avantage avec ce compagnon.
    — Oui, mais je ne l’aime pas !
    — Aimais-tu Alain ou Karim ? Ils n’ont pas passé la soirée à attendre. Ils ont fait leur petite affaire avec toi et tu ne les verras plus que le jour où ils auront un creux dans leur emploi du temps et l’envie de coucher.
    — Ils pourront toujours courir !
    — Enfin, fais ce qui te plaît. Ce n’est pas l’affaire d’un mari qu’on quitte. Je vous laisse quelques minutes.
    
    Surprise quand je reviens : deux valises sont près de la porte, Maurice est agité, tient la main de Rose, son visage est radieux :
    
    — Paul, ...
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