1. Atelier d'artisanat - 4


    Datte: 02/08/2021, Catégories: mélo, Auteur: Passerose, Source: Revebebe

    ... J’ai pardonné. Je n’aurais pas dû. Tiens, admire : ils se croient à Roland Garros.
    
    Véro précède à petites foulées rapides son mari nonchalant. Elle aperçoit Sylvie, lève sa raquette et décrit un crochet dans notre direction.
    
    — Salut Sylvie. Tu reviens jouer ? C’est bien, on pourra se mesurer ! Où est Gilles ? Tu as un nouveau partenaire ? Tu recrutes à la maternelle ? Oh ! Pardon, monsieur, entre copines on aime se lancer des vannes. Je me présente, Véronique, et vous ? Un ami de cette chère Sylvie je suppose.
    
    C’est un vrai moulin à paroles. Enfin Sylvie réussit à placer une réplique
    
    — Je te présente Paul, mon fiancé. Celui-là pas touche !
    
    Henri débarque,
    
    — Ah ! Sylvie, ma toute belle. Te revoilà. Qui a une touche ? Tu nous as manqué.
    — Surtout à toi Henri. Tu étais si heureux d’avoir une partenaire de ton niveau.
    
    Les gentillesses volent bas. Sylvie va exploser. Je la calme d’un baiser à pleine bouche qui enlève le doute sur la nature de notre relation.
    
    — Nous vous laissons aller. Sylvie, c’est à toi d’engager. À plus tard chers amis.
    
    Elle joue bien ma Sylvie. L’autre petite peste a tenté de l’humilier. Le cirque a commencé sur le court voisin. Véro est en grande forme et « gros lourd » commence à baisser les bras. Nous soufflons et rions. Nous sommes amoureux et le spectacle de ce couple serait effrayant si nous n’avions pas trouvé notre mode d’entente. Véro revient :
    
    — Sylvie, me prêterais-tu ton partenaire que je puisse faire quelques bonnes ...
    ... balles. Henri serait tellement content de jouer plus calmement.
    
    Je murmure à l’oreille de Sylvie :
    
    — Ne crains rien ; pour une fois fais plaisir à ce malheureux. Prends pitié.
    
    Et à haute voix
    
    — Mais attention, mon amour, je te surveille.
    — Vous n’avez rien à craindre. Mon nounours est inoffensif. Alors on commence.
    
    Je ne suis qu’un amateur. Les boulets de canon de Véro transpercent ma raquette. Je ne force pas mon talent.
    
    — Dis, Paul, tu jouais mieux avec Sylvie. Allez secoue-toi. On fait un petit match, je compte les points… Si tu continues comme ça je vais t’envoyer contre Henri et je donnerai une leçon à la revenante.
    
    Il faut éviter l’affrontement à tout prix. Je m’applique. Sylvie vient de chuter.
    
    — C’est rien, ne t’inquiète pas, Henri va s’occuper de son bobo
    
    Henri regagne le vestiaire en soutenant Sylvie qui avance à cloche-pied.
    
    — C’est pas grave, chéri, une toute petite entorse. Je vais me reposer cinq minutes. Termine ta partie.
    
    Entre deux engagements, j’ai aperçu Henri qui se penchait pour voir ce que nous faisions avant de disparaître dans le vestiaire. Je devrais me rendre près de Sylvie, c’est peut-être plus grave qu’elle ne l’a dit.
    
    — Véro, je vous remercie, mais Sylvie est peut-être mal en point, sinon elle serait de retour.
    — Elle n’est pas en sucre, ne sois pas esclave d’un caprice. C’est du solide ta fiancée, elle fait bien dix kilos de plus que moi. C’est-ce qui arrive quand on oublie de s’entretenir physiquement Tiens, ...