1. Atelier d'artisanat - 4


    Datte: 02/08/2021, Catégories: mélo, Auteur: Passerose, Source: Revebebe

    ... extraordinaire. Je suis le plus chanceux des braves garçons.
    — Et si je suis enceinte ?
    — Qu’y a-t-il de plus beau qu’une femme qui porte une vie. Tu seras la plus belle des futures mamans…
    
    Cette nuit encore ma maison est restée vide. Nous avons dénoué la situation. La proximité de nos aspirations nous a paru évidente. Nous venions de dépasser les limites de l’amour physique, nous pouvions jeter les bases d’une vie à deux. À la fin du printemps nous avons gagné nos procès pour faute. Mais Sylvie dut se résoudre à vendre pour rembourser des emprunts très lourds. Elle enrichit ma maison, notre maison désormais, de meubles de bon goût. Pendant ses loisirs, elle va transformer la décoration de notre nid. Le mariage est pour bientôt. Mon père et maman ont approuvé mon choix. Les parents de Sylvie n’ont pas fait d’objection. Certains de nos amis ont applaudi. Le notaire doit nous conseiller pour la conclusion d’un contrat de mariage.
    
    Sans attendre nous avons entrepris d’organiser nos loisirs. Il a fallu que j’insiste pour que Sylvie accepte de danser avec d’autres cavaliers : elle a imposé une règle stricte : jamais plus d’une série avec le même. Je suis soumis au même régime : heureusement, car l’éclat de ma compagne rejaillit sur moi de façon surprenante. Je comprends à quelles tentations Gilles s’était exposé. Au théâtre nous avons rencontré des couples de collègues de Sylvie, certains maris m’ont regardé avec envie. Le jeudi nous avons repris le tennis. Après une ...
    ... période d’observation en qualité d’invitée, Sylvie vient d’adhérer au club. Nous ne participerons plus à des concours, nous voulons jouer pour le plaisir, nous dépenser sainement et sans excès, autant que possible ensemble.
    
    Nous sommes de chaque côté du filet pendant une pause.
    
    — Zut, regarde qui arrive. On aurait pu se passer d’eux.
    
    Un couple se dirige vers le vestiaire. Ce sont des membres du club. Je les ai vus souvent sans leur avoir parlé. Lui est un grand gaillard, pataud que sa jeune femme protège d’un embonpoint naissant en le promenant d’un coin à l’autre du court. On peut se demander où cette tanagra remarquable par sa grâce et sa finesse puise l’énergie qui essouffle son partenaire. C’est un petit dragon qui crache la foudre quand son « gros lourd » ne renvoie pas la balle. Souvent l’activité sportive s’arrête sur les autres courts, les joueurs amusés rient des scènes gratuites de ces deux acteurs.
    
    — Tu les connais ?
    — Que trop hélas. Henri a fait toute sa scolarité primaire dans ma classe. Entre nos seize et vingt ans il ne quittait pas mon sillage. Je le retrouvais à chaque coin de rue. Amoureux transi et collant, qui réapparaissait après chaque rebuffade. Heureusement Véro lui a mis le grappin dessus et m’en a délivrée. Méfie-toi, la rumeur veut qu’elle ne compte plus ses amants.
    — Je ne te connaissais pas cette mauvaise langue. Que t’a-telle fait ?
    — Trop souvent je l’ai vue tourner autour de Gilles. Et cet idiot n’a pas résisté, avant notre mariage ! ...
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