1. Atelier d'artisanat - 4


    Datte: 02/08/2021, Catégories: mélo, Auteur: Passerose, Source: Revebebe

    ... un mot et ces deux là tu n’en entendras plus parler. Je ne supporte plus de te partager. Moi aussi je peux être jaloux
    — C’est-ce que tu veux. Ce n’est pas ce que je veux. Sois gentil : garde de nous un bon souvenir, laisse-moi de toi un bon souvenir et permets-moi de mener ma vie comme je le veux. Cherche la femme de ta vie.
    — Mais c’est toi. Trop facile. On s’est bien amusés, je n’ai plus besoin de toi, tchao. Pas d’accord ma poule. Fallait pas commencer. Tu voudrais que j’aille raconter à ton cocu comment tu as passé le temps depuis que nous avons ramené ton jules à ses parents.
    — Pas Jules : Gilles
    — Je m’en fous que ce soit Jules ou Gilles. Tu vas faire ce que je te dis : je veux des adieux au lit et tout de suite
    — Pas question. Comprends bien, on ne force pas l’amour. Quittons-nous bons amis… Je te prenais pour un gentleman !
    — Une toute dernière fois, je t’en supplie.
    — Non, lâche-moi.
    — Un gros baiser, juste un gros baiser d’adieu.
    
    Que faire ? Partir et lui laisser les fleurs, ses deux clés de cave ? Intervenir ? Comment le comprendra-t-elle ? Je risque le tout pour le tout, je recule jusqu’à la buanderie et j’appelle à haute voix
    
    — Sylvie, ollé, es-tu là mon amour ? Sylvie, hello !
    
    La porte s’ouvre à gauche, Sylvie se penche en avant, me voit, sort, machinalement remet en place une mèche défaite, tire la porte derrière elle, sourit :
    
    — Ah ! C’est toi Paul. J’étais en train de faire du rangement dans la chambre d’amis.
    — La chambre où tu ...
    ... voulais me loger, je peux voir ?
    — Demain, je n’ai pas fini, il faut que je mette encore de l’ordre dans mes affaires. Mais que fais-tu ici : c’est lundi aujourd’hui !
    
    Calendrier, jours fixes, roulement, chacun son tour. Avec un haut le cœur je me souviens de ce spectacle d’un bordel où les trouffions glissaient d’une place chaque fois que le premier du banc franchissait une porte.
    
    — Je sais, je t’apportais ces quelques fleurs, je voulais aussi te donner cette clé de ma maison. Je crois que je vais plutôt te rendre la tienne sans attendre un baiser, puisque le lundi appartient à celui qui a laissé cette autre clé sur la porte de la cave.
    — Mais, Paul, qu’est-ce que tu me racontes ? Viens que je t’embrasse, mon amour.
    — Merci, ne me joue pas la comédie, ça me rappelle Rose.
    — Quoi tu ne m’aimes plus. Quelle comédie ? Viens dans cette chambre d’amis, si tu insistes. Tirons les choses au clair.
    
    Elle prend des risques, il va falloir qu’elle m’explique la présence de Rodrigo. Je ne pense pas qu’il se soit caché sous le lit le fier hidalgo.
    
    — Ça fait environ un quart d’heure que je suis dans cette entrée
    — Ah !
    — J’ai entendu votre conversation. Je n’ai besoin ni d’explications ni de mensonges à propos de rangement.
    — C’est pas bien d’écouter aux portes ! Mais tant mieux : tu sais à quoi t’en tenir si tu as tout entendu. Tu es fâché ? Tu ne m’embrasses pas ?
    
    J’avance, bras tendus. Au même instant la porte s’ouvre derrière Sylvie. Pantalon sur les chevilles précédé ...
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