1. Atelier d'artisanat - 4


    Datte: 02/08/2021, Catégories: mélo, Auteur: Passerose, Source: Revebebe

    ... l’espace d’un matin : guère plus, deux ans. J’aurais voulu éternels ces instants avec Sylvie. Et le dimanche fut à l’image du samedi. Nous nous découvrions enfin. Après une tendre grasse matinée, je me levai.
    
    — Où vas-tu ? Tu m’abandonnes déjà ?
    — Je vais acheter des croissants.
    — Tu es délicieux, mais j’ai tout ce qu’il faut à la maison. Une brioche tournée de mes mains, ça te tente ?
    — Si c’est pour apprécier tes talents, d’accord.
    — Fais-moi d’abord un câlin.
    
    La brioche tardive repoussa le repas de midi à quatorze heures : le fameux repas froid fut enfin absorbé. Vers seize heures il fallut se quitter. Sylvie enseignait au lycée et avait des préparations à faire pour ses cours du lendemain. Nous avions discuté de nos activités, de nos loisirs et avions développé des projets. Sylvie avait un abonnement à la Comédie de la préfecture et m’introduirait dans ce milieu, elle reprendrait avec moi le tennis qu’elle avait abandonné, tout naturellement nous pourrions aller danser.
    
    Tout en conservant notre domicile nous pourrions nous revoir en semaine. En organisatrice décidée, elle me remit une clé de la porte de sa cave avec le souhait de me recevoir le mardi soir et le samedi si je le souhaitais. Comment interpréta-t-elle ma moue ?
    
    — Ça ne te suffit pas ? Ajoutons le jeudi si le cœur t’en dit. À propos, tu as retiré le panneau MAISON A VENDRE : tu as réussi ?
    — Oui, un acheteur a signé un compromis de vente mardi.
    — Tu vas quitter le quartier ? Où vas-tu te ...
    ... loger ? Pas trop loin j’espère.
    — J’ai deux ou trois mois pour y réfléchir
    — Et si tu t’installais chez moi à ce moment-là.
    — Merci, mais toi-même, que vas-tu devenir après ton divorce ?
    — Tout dépend du jugement. Gilles et moi serons peut-être aussi obligés de vendre la maison. Si toi et moi restons ensemble, nous pourrions envisager de la racheter ?
    — Je vais y penser. À mardi
    
    Ce dernier bisou du dimanche est si bon, avec une teinte de tristesse.
    
    Confortablement installé dans mon fauteuil, j’écoute le concerto n° 5 de Beethoven et je revis mes dernières 24 heures. La musique porte mon rêve : faut-il être heureux pour bien l’apprécier ou suffit-elle à rendre heureux ? Laissons ces considérations aux spécialistes. Je savoure en musique le flot des images et je suis bien. De l’allegro je glisse dans la douce mélancolie de l’adagio, bercé par la pureté des notes égrenées par le piano je vole, je plane, au vent léger flottent les ondulations d’une chevelure blonde, puis se dessine ce visage de l’amour. Enfin éclate dans le rondo et l’allegro final la vision reconstituée de nos ébats, la vivacité, les élans, la succession des temps forts et les pauses si vite oubliées pour des reprises légères ou saccadées, avec des accents de victoire annoncée, attendue, déferlante, des temps de certitude, des lenteurs qui s’étirent. La reprise de l’allegro triomphale affirmation de l’accomplissement souhaité correspond à l’enthousiasme de l’orgasme, avec son mélange de gammes aigues ou ...
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