1. Premiers émois à la fac


    Datte: 27/09/2026, Catégories: init, #épistolaire, fh, jeunes, école, amour, Auteur: tatamarie, Source: Revebebe

    ... s’est allumée, et quelqu’un a braillé « rhabillez-vous, on s’en va, faut qu’on parte »
    
    Mon cœur s’est arrêté, mes rêves ont été détruits, je ne sais plus très bien ce que j’ai fait. Je ne voyais plus François. Je me suis retrouvée dans le couloir, habillée, les yeux pleins de larmes, puis quelqu’un m’a ramené à ma résidence.
    
    Je suis restée sur mon lit, sanglotante, somnolente, pendant deux jours, j’ai peut-être mangé quelque chose, je sais plus. J’ai eu la vision de l’homme au sexe dressé, j’ai ressenti mon désir, du bonheur qu’il allait me donner. Puis mon cœur a de nouveau explosé de désespoir, je suis retourné dans mon trou noir.
    
    Tu sais, petite sœur, je ne savais pas que l’on pouvait être aussi malheureuse. Mais cela a un peu soulagé mon cœur de t’écrire tout cela, tu es la seule personne au monde qui peut me comprendre. Je vais sortir pour poster cette lettre, demain j’irai peut-être en cours, reprendre ma petite vie terne.
    
    Le 11 février 1970 :
    
    Chère petite sœur,
    
    Je suis profondément heureuse. Comme dit dans ma dernière lettre, je suis allé en cours hier matin, j’ai essayé de cacher un peu les cernes sous du fond de teint, mais j’avais les traits tirés. Il m’attendait à la porte de l’amphi, blême, pas rasé. Les yeux fixés sur les chaussures, on n’osait pas se regarder. Il a avancé sa main pour prendre la mienne, j’ai posé ma tête sur son épaule, nous avons un peu pleuré.
    
    Main dans la main nous avons suivi le cours, mais je ne me rappelle pas le ...
    ... sujet. Ensuite il m’a emmené chez lui. Lorsque sa mère a ouvert la porte, elle avait les yeux sombres, mais a immédiatement fait un grand sourire quand elle m’a aperçue. Plus tard j’ai su qu’elle était terriblement inquiète, François ne quittait plus sa chambre, ne mangeait plus, et même pleurait, un grand garçon comme lui. Elle avait bien compris qu’il y avait un problème entre nous.
    
    Nous sommes allés dans sa chambre, on s’est couchés sur son lit, serrés l’un contre l’autre. Nous n’avons pas bougé, on écoutait nos cœurs battre. On s’est même un peu assoupis, ivres de bonheur, et sa mère ne nous a pas dérangés.
    
    Petite sœur, je t’ai raconté mes malheurs, aujourd’hui je te conte mon bonheur, j’aime et je suis aimée.
    
    Le 3 mars 1970 :
    
    Chère petite sœur,
    
    Grande nouvelle, je suis totalement femme, j’ai connu l’homme, comme on dit dans la bible.
    
    Il faut que je te raconte mon week-end. Il y a une semaine, François m’annonce que ses parents seront absents toute une fin de semaine, ils ne reviennent que mardi. Il avait un air égrillard en disant cela, et je crois que j’ai tout de suite pensé la même chose que lui.
    
    J’étais tout excitée au long de la semaine, j’attendais samedi avec impatience. Avec François on ne s’est pas touchés de la semaine, juste un peu embrassés. Je rêve d’une nuit de noces, pas romantique mais toute dans le « stupre et le foutre ». Quels vilains mots, mais ils illustrent mon ventre noué, et l’espoir dans ma tête.
    
    Je voulais que ce soit une ...
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