1. Premiers émois à la fac


    Datte: 27/09/2026, Catégories: init, #épistolaire, fh, jeunes, école, amour, Auteur: tatamarie, Source: Revebebe

    Le 12 octobre 1969 :
    
    Chère petite sœur,
    
    Ça y est, je suis installé dans ma chambre de la cité U. Oh, elle n’est pas grande, la salle de bain est sur le palier au bout du couloir, mais je suis chez moi. Papa a porté ma valise jusqu’ici, m’a serré dans ses bras et m’a embrassé. Il m’a dit « bonne chance » et est parti, les yeux humides.
    
    Je crois qu’il est très fier de moi, sa grande fille qui décroche son bac et entre à l’université, lui qui n’a jamais fait d’études. Il n’a jamais rien dit, tu sais qu’il ne parle pas beaucoup, et encore moins de sentiments. On ne s’épanche pas dans notre famille, je regrette de ne pas lui avoir dit merci.
    
    Le 25 octobre 1969 :
    
    Chère petite sœur,
    
    Je suis bien installé dans ma nouvelle vie. Tout est très différent, c’est la grande ville, les gens sont pressés, on se déplace en bus ou en métro. La fac aussi est très différente de ce que j’imaginais. Les cours en amphi m’impressionnent encore un peu : 200 étudiants dans les gradins, et le prof, lointain, qui déroule son cours. Heureusement il y a les TP, les assistants sont plus sympas, plus proches, à peine plus âgés que nous. Avec eux nous pouvons approfondir le cours magistral, faire des exercices.
    
    Mais c’est beaucoup de travail, tous ces livres à consulter, je passe presque tous les jours à la bibliothèque. Heureusement que j’aime les maths.
    
    Le 15 novembre 1969 :
    
    Chère petite sœur,
    
    Dans ta dernière lettre tu me parles de ton corps, de ta gêne. Il ne faut pas ...
    ... avoir honte, moi aussi il y a deux auparavant, j’avais à peu près ton âge, mon corps s’est éveillé comme le tien aujourd’hui. Tu es discrète, mais je devine tes émois, tes mamelons qui se dressent et s’irritent, la chaleur dans le ventre.
    
    Explore ton corps, découvre les plaisirs qu’il peut te donner. N’écoute pas les bigots, apprends à commander ton plaisir, moi je me suis fait beaucoup de bien, j’ai joué de mon corps, j’ai rêvé. Comme toi je n’ai pas d’expérience, juste un peu d’impatience, et beaucoup d’espoir, je sais que je serai heureuse.
    
    Le 27 novembre 1969 :
    
    Chère petite sœur,
    
    J’ai rencontré un homme ! Oh, un jeune homme, il est étudiant en maths comme moi. Je l’avais distingué dans l’amphithéâtre, il est grand, blond, barbu, il est beau. Il était quelques rangs plus bas, il a dû sentir mon regard et s’est retourné, avec un grand sourire. J’ai fondu et baissé les yeux.
    
    Le lendemain, j’étais déjà assis quand j’ai senti une présence, c’était lui, avec son sourire ensorcelant. On ne s’est pas parlé, mais surtout regardé du coin de l’œil. Comme le cours était très intéressant, nous étions concentrés sur nos notes.
    
    Un autre jour je suis arrivé assez tôt, j’avais le cœur qui battait un peu je peux te l’avouer. Lui aussi est arrivé tôt, mon cœur a loupé un battement quand il s’est assis à côté de moi. On s’est parlé un peu avant le début du cours, je ne me souviens plus de sa conversation, je regardais sa bouche et son sourire. J’ai juste gardé son prénom, il ...
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