1. Le pavillon de chasse


    Datte: 17/06/2026, Catégories: #historique, fh, bain, campagne, amour, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... confié, tu es nettement au-dessus de son propre père.
    — C’est bon à savoir… Et je présume que le fait que je n’aime pas trop mettre mes enfants dans des couvents doit participer à la haute opinion qu’elle a de moi…
    
    Ma fille lève les yeux au ciel :
    
    — Ah ça, les couvents ! C’est encore pire que ce que j’aurais cru penser ! D’après Didi, c’est l’enfer sur terre ! À ce propos, je te remercie de ne pas m’avoir enfermée dans ce genre de sinistre endroit !
    — C’est très bien de reconnaître mes mérites, ma chère fille. Au fait, exprimes-tu toujours ta pensée de la sorte à quiconque ? Y compris l’eau tiède ?
    
    Marie-Pauline esquisse une révérence :
    
    — Je sais choisir mon public, mon cher père. Je n’ignore point que les jeunes filles de ma qualité doivent se comporter autrement, et c’est bien dommage, ce siècle est mal fait !
    — Ah ça ! Je ne te le fais pas dire, mais ne nous plaignons pas trop, nous faisons quand même partie des mieux lotis.
    — Oh oui ! Je n’ose même pas imaginer si j’étais née paysanne… À bien y réfléchir, papa, nous ne sommes pas nés dans le bon siècle ! Ah l’idée d’être la belle Zellandine endormie, et me réveiller dans une centaine d’années ! Enfin, sans le bébé ! C’est un conte ancien que tu m’as plusieurs fois raconté pour m’endormir.
    
    Je me souviens fort bien avoir effectivement raconté cette histoire à diverses reprises à ma fille pour l’endormir, mais en omettant l’abus, puis la naissance neuf mois plus tard. Elle a dû lire la vraie version, je ...
    ... ne sais où. Je pose mes poings sur mes hanches :
    
    — Je me demande si je n’ai pas raté ton éducation… J’ai souhaité que tu sois indépendante, mais je crois que j’ai trop bien réussi !
    
    Elle se jette contre moi pour me faire un petit câlin :
    
    — Mais non, papa ! Euh… mais oui ! Tu m’as parfaitement réussie !
    — Tu es ma parfaite fille, c’est ça ?
    — Exactement, mon parfait papa !
    
    Même si ma fille est actuellement une demoiselle, je confirme son câlin en la serrant dans mes bras de père, comme quand elle était fillette. Et, visiblement, elle aime encore beaucoup.
    
    En cet après-midi, venus à cheval, Louise-Françoise et moi sommes au bord d’un petit lac. Nous ne sommes qu’à deux, aucun enfant, ni autre personne avec nous. Ce qui m’étonne un peu. Je soupçonne que mon hôtesse veuille continuer à jouer les entremetteuses. Je comprends qu’elle veuille le bonheur de sa cousine et aussi le mien, mais je n’aime pas trop qu’on arrange le destin pour moi. Je trouve que ça ressemble à un arrangement à la va-vite.
    
    Ma défunte épouse et moi n’étions pas faits pour vivre à deux, c’est certain. Néanmoins, nous avons réussi à cohabiter sans trop de heurts, jusqu’à ce que la maladie l’emporte vers une vie qu’on dit meilleure. Depuis son décès, il y a six ans, je n’ai pas cherché à convoler de nouveau, malgré la pression de mes proches.
    
    Au sortir du bois, je distingue le petit lac au bout d’une prairie en pente :
    
    — Ah, nous voici arrivés !
    
    Nous laissons en pâturage nos chevaux ...
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