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Le pavillon de chasse
Datte: 17/06/2026, Catégories: #historique, fh, bain, campagne, amour, Auteur: Patrik, Source: Revebebe
... vite. Ce qui devait arriver arriva. Notre jeune Roi n’eut pas besoin de faire emprisonner ou d’exiler les deux protagonistes, puisque, d’un commun élan, ceux-ci s’embrochèrent mutuellement, ayant visiblement eu le même conseil ou la même idée pour en finir rapidement. Ils eurent le bon goût de décéder sur le champ, sans longue agonie. Ce fut incontestablement un bel enterrement avec toute la pompe requise, Henri de Desmauravoux n’étant pas n’importe qui. Mais le chagrin sincère ne fut pas vraiment de la partie, aussi bien dans la famille que parmi les proches… J’ai même eu la sinistre impression d’être le seul attristé par tout ce gâchis… Ayant laissé passer un délai assez décent, je viens rendre visite à Marie-Angélique, la trop belle veuve de mon regretté ami. Je me jette à l’eau, je me propose pour remplacer son défunt mari. Qui ne risque rien n’a rien. Mais, hélas pour moi, la réponse ne va pas dans le sens que j’attendais. Mais au fond de moi, je ne suis pas étonné. La récente veuve enfonce le clou : — Non, Antonin, je ne recherche plus que la paix intérieure. Me remarier ne m’intéresse pas. Néanmoins, je vous remercie pour votre proposition. — Je vous laisse réfléchir, Madame. — C’est tout réfléchi, j’ai décidé d’orienter ma vie autrement. Alerté, je fronce des sourcils : — Vous… voulez dire… dans la religion ? — Non, point, je vous rassure. Entrer au couvent n’est pas dans mon caractère. J’ai envie de profiter de ma liberté retrouvée, de ...
... m’étourdir, de vivre. Et peut-être qu’un jour, quand je serai plus âgée, je me chercherai un compagnon. Mais vous risquez d’attendre longtemps, très longtemps. Je préfère être franche avec vous, Antonin. Je grimace furtivement. Ce n’est pas ainsi que je voyais les choses, mais je comprends son point de vue. Marie-Angélique s’approche un peu de moi : — Puis-je vous demander une faveur ? — Du moment que ce ne soit point pour que je devienne trappiste… Elle se met à rire : — Que vous êtes sot ! Ma cousine de Province arrive bientôt. Elle est dans le même cas que moi, c’est-à-dire veuve depuis peu, avec deux enfants. — Veuve pour quelle raison ? — Au service du Roi, dans les Flandres… Sa mort héroïque aura été moins inutile que celle de mon défunt mari. Je me demande où mon interlocutrice veut en venir : — Je ne peux vous contredire… Qu’attendez-vous de moi ? — Vous êtes notre voisin et bon ami, Antonin. — Mais pas assez pour devenir votre époux. Pointant son éventail vers moi, mon hôtesse me gronde : — Ne mélangez pas tout, s’il vous plaît. Que diriez-vous d’être en quelque sorte le chevalier servant de ma cousine ? — Êtes-vous en train de m’offrir votre cousine comme lot de consolation ? Elle marque un léger temps d’arrêt avant de répondre : — Hmm, je vois que vous n’avez point perdu votre franc-parler. Je mentirais si je disais oui, mais je mentirais aussi en disant non. Il y a aussi une autre raison : votre fille est du même âge que l’aînée de ...