1. Le pavillon de chasse


    Datte: 17/06/2026, Catégories: #historique, fh, bain, campagne, amour, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    Mon ami, Henri de Desmauravoux, a le sang chaud comme bon nombre de personnes de qualité qui pensent que tout leur est dû. Bien qu’il soit marié à Marie-Angélique, l’une des meilleures épouses qui soient, il a jeté son dévolu sur une Dame de Compagnie de la Reine. Malheureusement pour lui, la Dame est aussi convoitée par un autre gentilhomme, et non des moindres, ce qui constitue un sérieux barrage vers le cœur et la couche de la femme convoitée.
    
    Très contrarié, Henri s’agite, je dirais même qu’il beugle :
    
    — Madame de Dronganvillers sera à moi et non à ce cuistre !
    — Et que comptes-tu faire, Henri ?
    
    Malgré son haut rang, je le tutoie, le privilège du fait que nous nous connaissons depuis la prime enfance et aussi que je ne suis pas né dans le ruisseau. Mon ami répond aussitôt :
    
    — Quand un obstacle est sur ma route, je le pulvérise, tel un rocher qui dévale la montagne, je le découpe en tranches, en rondelles !!
    — Bien que Mazarin soit dans la tombe depuis quelques années, je te rappelle que le Roi n’aime pas plus que son défunt parrain les duels. Tu risques l’exil, voire pire, Henri.
    — Le temps des décapitations est révolu, Antonin. J’aurai sans aucun doute une lettre de grâce, due à mon rang.
    — Tu risques aussi la Bastille ou l’exil… pour l’exemple.
    
    Impossible de le calmer sur cette idée absurde de confrontation, mais j’arrive à le détourner vers d’autres sujets de conversation. Le lendemain, j’apprends qu’il a provoqué en duel son rival, et que ...
    ... celui-ci a accepté. Deux fous !
    
    Une fois de plus, je tente de raisonner mon ami :
    
    — Je pense que tu fais une énorme bêtise en allant te battre.
    — Aucun souci, Antonin ! Ce pleutre est débile, de faible constitution, il est aussi soldat que moi je suis cardinal !
    — Inutile de te rappeler qu’on disait la même chose d’un certain Jarnac, il y a presque un siècle. François de Vivonne en a su quelque chose.
    — N’aie crainte, je ferai attention à mes jarrets.
    
    Voyant que mes propos tombent à l’eau, j’essaye une autre approche :
    
    — Et ta femme ? Et tes enfants ?
    — Il y va de mon honneur !
    — Plutôt de ton orgueil d’avoir un rival. Tout ça pour une femme qui ne se soucie pas vraiment de toi.
    
    Il ne répond rien, il est trop enferré dans son idée d’en découdre, de son honneur faussement bafoué. Je décide de sortir un nouvel argument :
    
    — Très bien : fais-toi occire ! Ainsi, j’aurais tout le loisir de consoler ta veuve !
    — Hahaha ! Je sais très bien que tu as un petit faible pour ma femme ! Et tu n’es pas le seul ! Et tu sais quoi, Antonin ? Tu aurais été un meilleur mari que moi pour Marie-Angélique.
    — Je le pense aussi… mais il n’en a pas été ainsi…
    
    Entendant ma réponse, Henri hausse des épaules :
    
    — Mais quand on est né d’une certaine façon, on n’a pas trop le choix de sa compagne pour faire des héritiers.
    — Toi et moi en savons quelque chose. La grosse différence est que ton épouse est toujours vivante, contrairement à la mienne qui est partie trop tôt et trop ...
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