1. Le pavillon de chasse


    Datte: 17/06/2026, Catégories: #historique, fh, bain, campagne, amour, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... Cependant, je crains que ma fille ne fasse quelques difficultés pour retourner chez les Sœurs…
    — Pourquoi la remettre au couvent ? En quoi Jeanne-Adélaïde vous gêne ?
    — Mais… c’est la coutume de procéder ainsi !
    
    Mains dans le dos, je ricane :
    
    — La coutume, la coutume ! Elle a bon dos, la coutume ! Je vous signale, chère Louise-Françoise, que la coutume exigerait que nous soyons actuellement accompagnés d’au moins un chaperon quand nous déambulons de la sorte. Or, je n’en ai vu aucun pour l’instant depuis le jour où vous êtes arrivée chez votre cousine.
    — Un chaperon ? À nos âges ?
    — Il n’y a pas d’âge quand une femme de bonne naissance côtoie un homme de condition. Ce qui est notre cas. Il n’y a pas d’âge non plus pour les intentions licencieuses…
    
    Après avoir fugacement frissonné, ma voisine devient silencieuse et cramoisie.
    
    En général, contrairement à la majorité de ses consœurs, ma chère fille ne s’embarrasse pas de circonvolution, elle va droit au but :
    
    — Au fait, papa, tu es où avec la mère de Didi ?
    
    Comme déjà dit, je n’aime pas trop qu’on m’appelle « père », ma fille ne se gêne pas de m’appeler « papa », aussi bien entre nous deux que devant tout le monde, même si elle sait parfaitement qu’elle peut choquer certaines âmes un peu trop à cheval sur les traditions. Elle l’a démontré, il n’y pas si longtemps…
    
    Je m’étonne du surnom :
    
    — Didi ? Jeanne-Adélaïde, je suppose.
    — Oui, c’est bien elle. Alors, ça donne quoi entre sa mère et toi ?
    — Je ...
    ... m’entends bien avec elle. Pourquoi me demandes-tu ça ?
    
    D’un ton assez désinvolte, elle répond à ma question :
    
    — Oh, si Didi devenait en quelque sorte ma sœur, ça ne me dérangerait pas.
    — Et si Louise-Françoise devenait en quelque sorte ta mère, ça ne te dérangerait pas non plus ?
    — Bah, c’est un moindre mal.
    — Un moindre mal ? Peux-tu m’expliquer ?
    — Je crois que la bonne expression est qu’elle n’a pas inventé l’eau tiède !
    
    Holà, ma très chère et unique fille n’y va pas par quatre chemins ! Néanmoins, sa réponse me fait sourire malgré moi :
    
    — Tu es mauvaise langue, ma fille ! Louise-Françoise peut parfois donner l’air qu’elle n’ait pas inventé l’eau tiède, comme tu dis, mais elle a des circonstances atténuantes. Disons qu’elle est assez timide, n’osant pas toujours s’exprimer en public ou exposer son avis. C’est vrai que, par rapport à toi, c’est le jour et la nuit.
    — J’avais remarqué…
    
    Me souvenant de mes diverses rencontres avec Louise-Françoise, je précise :
    
    — Sinon, quand elle est mise en confiance, elle change, elle devient même une autre femme.
    — Mais pas à la mesure de Marie-Angélique… Je sais fort bien que c’est elle qui a ta préférence, mais je crains que… enfin, tu vois quoi…
    
    Se sachant sur un terrain glissant, ma fille enchaîne aussitôt sur un autre ton plus enjoué :
    
    — Ah oui, j’oubliais de te dire : même si tu es un peu… euh… étrange à ses yeux, ça ne dérangerait pas Didi que tu deviennes en quelque sorte son père. D’après ce qu’elle m’a ...
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