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Le pavillon de chasse
Datte: 17/06/2026, Catégories: #historique, fh, bain, campagne, amour, Auteur: Patrik, Source: Revebebe
... de ma chère fille. Elles lui demandent de se modérer un peu. Étant présent, je suis intervenu pour défendre ma progéniture, c’est mon rôle en tant que père, surtout que c’est moi qui me suis occupé de son éducation, je n’ai pas relégué ma fille dans un sombre couvent, j’ai préféré qu’elle vive au grand air et en famille. — Merci pour ton aide, papa [elle a insisté lourdement sur le « papa », sachant pertinemment qu’elle aurait dû dire « père », mais permets que je sois ma propre avocate. Tu ne seras pas toujours derrière moi… — Je te le concède, je ne serai pas toujours là… Je te laisse faire tes armes, ma fille. — Merci, papa. Faisant face aux deux cousines, Marie-Pauline riposte : — Mon père n’a jamais voulu que j’aille chez les Sœurs, il m’a toujours assuré que la place des enfants est près de leurs parents, en famille, même réduite. Cette déclaration, professée avec une pointe de défi, met un peu mal à l’aise les deux cousines. En revanche, la jeune Jeanne-Adélaïde sourit fugacement, appréciant de plus en plus l’adolescente. Nullement gênée, ma fille poursuit : — Je suis bien consciente que papa n’agit pas toujours comme les autres pères, mais il a toujours veillé sur moi. De plus, il m’emmenait souvent avec lui. C’est ainsi que j’ai découvert et appris bien des choses. — Est-ce bien raisonnable pour un père d’emmener sa fille de la sorte ? — Est-ce bien raisonnable pour une mère d’enfermer sa fille de la sorte ? Tel père, telle fille ! Je n’aurais ...
... pas dit mieux. À l’extérieur, Marie-Pauline est le portrait de sa mère. À l’intérieur, celui de son père, c’est indéniable. D’une voix douce, mais ferme, j’interviens pour déclarer que l’incident est clos. Je le fais calmement, sans hausser la voix, invitant les deux jeunes filles à s’amuser ailleurs, dehors par exemple, puisqu’il fait beau. Une fois que nous ne sommes plus qu’entre adultes, la moitié du visage caché derrière son éventail, Marie-Angélique lâche : — Je constate que votre descendance est assurée… Du moins, par la façon d’être… — Ma fille est plus fonceuse que moi au même âge. C’est avec les années qu’on arpente mieux les planches du théâtre… Puis nous décidons muettement d’en rester là. Depuis quelques jours, Marie-Pauline et Jeanne-Adélaïde sont les meilleures amies du monde. Louise-Françoise, sa mère, s’inquiète néanmoins de l’influence que ma fille peut avoir sur la sienne. Je la rassure en lui disant qu’il est bon d’être confrontée à d’autres façons de voir. Ça peut aider pour plus tard, quand on se retrouve du jour au lendemain épouse puis mère, sans avoir bien compris ce qu’il se passait. — Je suis obligée de concéder que vous avez raison, Antonin… J’aurais aimé en savoir un peu plus quand je me suis retrouvée devant l’autel en compagnie d’un jeune homme que je n’avais vu que deux fois auparavant. — Vous n’êtes pas la seule, hélas. Les yeux baissés sur les gravillons blancs de l’allée, elle soupire : — Je ne le sais que trop bien. ...