1. Le pavillon de chasse


    Datte: 17/06/2026, Catégories: #historique, fh, bain, campagne, amour, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... religion pour les effacer. Le même lugubre schéma qui semble vouloir se répéter avec Jeanne-Adélaïde, la fille aînée.
    
    Revenons en arrière de deux jours, quand tout ce petit monde s’est retrouvé réuni dans le grand salon de Marie-Angélique, l’actuel objet de ma flamme. Après les présentations, mon unique fille, Marie-Pauline, se penche vers moi et chuchote à mon oreille :
    
    — Elle m’a l’air un peu cruche, cette Jeanne-Adélaïde. Sa mère aussi… Tu ne trouves pas ?
    
    Je réponds de même à ma jeune voisine souvent un peu trop franche (en digne héritière de son père) :
    
    — On ne juge pas définitivement les personnes au premier regard, jeune fille. Il convient d’attendre un peu afin de confirmer ou d’infirmer son ressenti. Néanmoins, je t’accorde qu’à prime vue, tu n’as pas tout à fait tort, mais attendons.
    
    Contrairement à ce qui se passe habituellement dans la bonne société, ma fille et moi, nous nous tutoyons, je n’aime pas mettre des distances inutiles dans une famille. En revanche, Jeanne-Adélaïde vouvoie sa mère. Mais il est vrai que ces deux personnes n’ont quasiment pas vécu ensemble.
    
    Les nouvelles arrivées sont venues avec un garçon plus jeune qui a été aussitôt pris en charge par les garçons de Marie-Angélique, car ils se connaissent déjà. Ma fille, qui a son petit caractère, s’avance délibérément devant Jeanne-Adélaïde. Après avoir fait trois pas, elle se plante devant la nouvelle venue qui tressaille devant tant de détermination, puis lui prenant la main, ma ...
    ... fille l’entraîne ensuite hors de la pièce :
    
    — Viens, on va faire connaissance dans les jardins !
    
    Assez stupéfaite, la jeune fille se laisse faire. Les deux adolescentes disparaissent aussitôt au-dehors. Le calme revenu, Marie-Angélique sourit franchement :
    
    — Eh bien ! Ça n’a pas tardé !
    
    Interloquée par la scène qui vient de se dérouler sous nos yeux, la mère réagit :
    
    — N’est-ce pas un peu… abrupt ?
    
    Amusé par ce qui vient de se passer, j’interviens à mon tour :
    
    — La spontanéité de la jeunesse, chère Louise-Françoise.
    
    Je sais fort bien que ça ne se fait pas d’interpeller une inconnue par son prénom, mais mon hôtesse m’a laissé sous-entendre que je pouvais transgresser quelques règles de bienséance. Étonnée, la nouvelle venue me dévisage :
    
    — Mons… euh… Antonin, votre fille est très… spontanée, à ce que je constate ! Ma cousine m’a bien recommandé de ne pas vous appeler par vos titres, mais que par votre prénom.
    — Elle a bien fait ! Ça vous évitera d’écorcher vos jolies lèvres sur une suite de syllabes peu prononçables !
    
    Surprise par ma répartie, Louise-Françoise met à rougir. Sa cousine m’a demandé de m’occuper de sa visiteuse, ce que je vais faire en l’asticotant un peu, puisque j’ai obtenu la permission de la secouer. Marie-Angélique me décroche un petit sourire dont je n’arrive pas à analyser la teneur exacte. M’accorde-t-elle son aval ? Pense-t-elle m’avoir casé ? Je ne sais pas.
    
    Les cousines se montrent un peu chagrinées face à la spontanéité ...
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