1. Le pavillon de chasse


    Datte: 17/06/2026, Catégories: #historique, fh, bain, campagne, amour, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... hommes que j’admire sont respectivement mon grand-oncle de septante-quatre ans, mon ancien confesseur et un homme de lettres qui n’est presque plus de ce monde.
    
    Curieusement, cette confidence me soulage :
    
    — La concurrence est faible, en effet…
    — Vous êtes de bonne lignée, vous n’êtes pas sans biens. Ce n’est pas que cet aspect des choses ait une grande importance à mes yeux, moi-même, je ne suis pas à plaindre, mais ça en a pour ceux de ma famille.
    — Je ne suis pas pauvre, en effet…
    
    Regardant devant elle, m’offrant son profil, Louise-Françoise se tord les mains :
    
    — Vous êtes gentil, vous avez de la conversation aussi bien de jour que… que de nuit. De plus, nos filles s’entendent bien… J’avoue que… ça ne me déplairait pas d’être votre épouse.
    — Même si je risque d’aller voir ailleurs ?
    — Vous ne serez pas le premier, le mariage d’amour n’existe quasiment pas chez les gens de qualité. Mais si vous cherchez le… le frisson ailleurs, je crois que vous aurez la délicatesse de ne pas vous afficher ostensiblement. Ma seule vraie et réelle crainte est ma cousine. Car, si un jour elle accepte votre proposition de mariage, j’aurais beaucoup de difficultés à vous faire changer d’avis, j’en suis bien consciente.
    
    Sa cousine a dû lui parler de ma demande. Mon interlocutrice possède le sens des réalités, elle sait où elle souhaite mettre les pieds. Je fais bifurquer la conversation :
    
    — Louise-Françoise, je trouve que vous avez bien changé…
    — À qui la faute ? Vous ...
    ... êtes le seul homme avec qui j’arrive à être vraiment moi-même ! Mais croyez-moi, ce n’est guère évident de faire pareille confession et demande ! Normalement, c’est le rôle de l’homme, ne croyez-vous pas ?
    — C’est ce que voudrait la tradition, mais nous ne sommes pas obligés de toujours respecter cette tradition.
    
    Pivotant un peu sa mignonne frimousse vers moi, elle s’agite un peu plus :
    
    — Vous ne m’aidez pas, Antonin ! Je ne sais toujours pas ce que vous pensez vraiment de tout ce que je viens de dire !
    — Je vous avoue sans détour que je suis surpris que vous vous décidiez si vite.
    — Donc, vous vous attendiez quand même à ce que je…
    — Oui, à ce que vous…
    
    Me regardant posément, elle fronce des sourcils :
    
    — Halala, vous êtes invivable, Antonin !
    — Je suis moi-même, chère Louise-Françoise. Je ne vous cache aucunement mon caractère, mes quelques qualités et mes multiples défauts, vous ne pourrez pas prétendre que je vous ai trompée sur la marchandise, si je puis m’exprimer de la sorte.
    — Je vous l’accorde.
    
    M’emparant de ses mains, je mets les choses au point :
    
    — Louise-Françoise, ne vous sentez pas obligée envers ma personne parce que je vous ai sauvée de la noyade et que je vous ai fait découvrir les réelles joies du devoir conjugal.
    — Je… je ne me sens pas obligée… Mais… mais vous me semblez être le meilleur parti auquel je puis prétendre. Vous en savez les diverses raisons, je les ai énumérées. Et puis… je… je vous apprécie beaucoup…
    
    Oui, elle les a ...
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