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Défigurée
Datte: 14/06/2026, Catégories: fh, gros(ses), handicap, Auteur: Foretdorient, Source: Revebebe
... conclut-elle en reprenant de la distance, c’est cette nuit que tu aurais dû en profiter, j’étais toute disposée… Il va falloir que l’on se revoie très vite, si je comprends bien. Son sourire est éclatant. Un dernier baiser volé en bas de l’escalier et je saute dans ma voiture. Ma parole, mais je bande pour cette grosse femme défigurée, bien obligé de le reconnaître. J’ai presque envie de faire demi-tour et d’y retourner pour la baiser, un petit coup vite fait, apparemment, elle ne demande que ça. Je ne me doutais pas qu’elle avait autant envie. Parfois, certaines subtilités féminines m’échappent. Mais purée, quel baiser et quel coup de langue, j’en suis encore tout chose… ! Je crois que je pense à ça durant presque tout le trajet. J’arrive juste à temps pour ma réunion, simplement une dizaine de minutes de retard, je me confonds en plates excuses, mais, pardonné, car je ne suis même pas le dernier à arriver. o-o-o-o-o-o-o En rentrant le soir chez moi, un mail m’attend dans ma messagerie : J’ai relu cette missive une bonne dizaine de fois et ça m’a laissé sur le cul. Incapable de rappeler ma cousine, incapable même de laisser ...
... un SMS en réponse. J’ai préféré faire l’autruche et m’endormir pour oublier. Je me suis réveillé en nage au beau milieu de la nuit. « Purée, je suis un vrai connard, dans quel état elle doit être la pauvre ! », me suis-je lamenté. Mais mon absence de réponse était, en soi, déjà une réponse, et je savais pertinemment qu’elle devait être infiniment déçue. Alors j’ai tapé « Quand est-ce que l’on se revoit ? » sur mon portable, mais n’ai pas envoyé le message ; puis j’ai tapé « Je préfère que l’on en reste là » sur mon portable, mais n’ai pas appuyé non plus sur l’icône d’envoi. J’ai fait mille tentatives avortées tout au cours de la nuit, brinquebalant entre le « Je t’aime » et le « Je crois que tu te fais des idées », je me sentais désespérément vide. Alors, à quoi bon ? Je me sentais complètement minable. Au petit matin, je me suis douché et suis reparti travailler, comme si de rien n’était. Nous ne nous sommes plus jamais reparlés, Marie-Laure et moi. Mais, quand ces souvenirs remontent à la surface, je prends conscience que j’ai perdu toute estime de moi. J’avoue que je suis vraiment très lâche, je mérite de vieillir seul et sans amour.