1. Défigurée


    Datte: 14/06/2026, Catégories: fh, gros(ses), handicap, Auteur: Foretdorient, Source: Revebebe

    ... étais plutôt gringalet et moi quand même déjà bien en chair. Ta proposition m’avait même fait éclater de rire, ce qui en soi était un exploit. J’avais beaucoup apprécié ta sollicitude, surtout quand tu m’avais prise par la taille pour me soutenir : c’était si rare que quelqu’un qui ne fasse pas partie du corps médical me touche un peu. Tu aurais même pu en profiter pour me peloter, poser ta main sur mes fesses, je crois que je me serais laissé faire. J’avais un petit faible pour le beau jeune homme qui se tenait à mes côtés, même s’il restait coincé dans son mutisme.
    — Eh bien, dis donc, quelle révélation !
    — Je pense que tu t’en doutais un peu et que tu préférais ne pas le voir, je n’ai jamais été très douée pour cacher mes ressentis et j’étais toujours à rechercher ta compagnie… Mais, je te faisais peur, ça se voyait, j’étais pour toi « anormale ». D’un autre côté, tous les sentiments que tu exprimais envers moi étaient malgré tous positifs. Tu étais toujours à t’inquiéter pour moi, où j’étais, ce que je faisais, comment j’allais, mais, comme tu n’osais pas me parler directement, tu demandais aux autres. Maman me l’avait même fait remarquer une fois : « Ce petit jeune homme demande sans cesse de tes nouvelles ! », tu parles si j’étais heureuse.
    — En tout cas, même si je n’avais pas été aussi timide, je n’aurais jamais tenté quoi que ce soit, tu étais ma cousine quand même !
    — Ta cousine ? Elle est bien bonne, celle-là, ce n’est pas parce que la sœur de ma grand-mère ...
    ... était mariée avec le frère de ta grand-mère que nous avons un quelconque lien de parenté. De fait, nous sommes de parfaits étrangers, cher ami. Tu te souviens d’oncle Fernand et de tante Huguette ? Ce sont eux qui ont rapproché nos deux familles, tout gravitait autour d’eux, ils recevaient toute cette faune qu’ils considéraient de près ou de loin comme leurs proches. Ils habitaient ce petit village dont je ne me souviens plus le nom.
    — Saint-Léonard-des-Bois, c’est au cœur des Alpes Mancelles. Mes parents y allaient souvent.
    — Les miens aussi, quand j’étais gamine, on s’y était sûrement croisés, mais je ne me rappelle pas de toi quand j’étais môme. Il y avait toujours une ribambelle de gamins, mais les filles allaient avec les filles et les garçons avec les garçons. Mes parents, d’ailleurs, ne faisaient souvent que passer, c’était juste une halte entre Caen, où nous résidions, et Cholet, la propriété familiale de ma grand-mère.
    — Vous l’avez conservée, cette propriété ?
    — Bien obligés, c’est le seul endroit où maman se sente à peu près bien. Mais, cette demeure est aujourd’hui en piteux état, et nous n’avons pas les moyens de la restaurer. Maman croule sous les dettes et n’a pas une bien grosse retraite. J’ai envisagé d’aller vivre là-bas avec elle, mais ici, il y a mon boulot. Et, de toute façon, je ne la supporte pas plus d’un week-end, elle est sans cesse dans le mode reproche, « Tu devrais faire ceci, tu devrais faire cela ». Je suis trop grosse, ça, je le sais, inutile ...
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