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L'initiatrice
Datte: 15/05/2026, Catégories: #initiation, #personnages, #premiersémois, #différencedâge, fh, fagée, Oral Auteur: Delectatio, Source: Revebebe
... amusée, comme si rien dans sa tenue n’avait la moindre connotation. — Vous rentrez fort tard, Pascal, sermonna-t-elle. Les jeunes gens d’aujourd’hui se croient immortels. Je bafouillai une excuse, détournai les yeux, mais trop tard : l’image était imprimée, comme une brûlure rétinienne, dans mon esprit. Elle vint lentement jusqu’à moi pour refermer la porte restée entrouverte, et dans ce bref passage, je sentis, ou crus sentir, la chaleur de son corps effleurer mon bras. Elle ne m’avait pas touché, mais c’était tout comme. — Je lisaisLa Princesse de Clèves. Vous connaissez ? — Euh… vaguement, répondis-je. On avait probablement évoqué ce livre au lycée, mais ce n’était plus pour moi qu’un souvenir lointain. — C’est un livre sur le désir, sur la retenue, sur la peur aussi. Très français, très cruel. Elle sourit, puis alla s’asseoir dans le fauteuil. Le tissu glissa un peu, découvrant une cuisse pâle. Je ne savais plus où me mettre, ni où regarder. C’est alors qu’elle ajouta d’un ton doux : — Celui qui m’appelait, ce jour-là, c’était un vieil ami… qui aurait pu être mon amant, à une époque où je n’étais pas libre. Il vit désormais fort loin d’ici, mais nous nous contactons de temps en temps, pour échanger nos souvenirs. Ses mots étaient feutrés, délicats, une dentelle verbale, fine et suggestive. J’étais pétrifié et sentais une sueur froide glisser le long de mon dos. Le crapaud transformé en prince charmant, ou plutôt dans son cas, la sorcière ...
... revêche transformée en ange de sensualité, j’étais subjugué. Un trouble intérieur me faisait tourner la tête. Je bredouillai finalement « bonne nuit », et m’éclipsai dès que je pus dans ma chambre, claquant la porte un peu trop brutalement, trahissant mon émoi. Assis sur mon lit, haletant, j’eus l’impression d’être le dernier des trouillards. Mais mon esprit ne cessait de rejouer l’image de cette robe entrouverte, de cette peau offerte et de ce regard brûlant. Les jours suivants, le trouble s’installa pour de bon. Chaque mot de Ghislaine paraissait porteur de double-fond, chaque silence semblait calculé. Était-elle en train de me manipuler ? Ou m’offrait-elle, à sa manière, une chose que je n’avais jamais connue, une forme subtile de désir ? Elle avait changé d’accoutrement et de parfum aussi, un déluge de dentelles et de robes subtilement romantiques. Sa voix s’était également adoucie, elle était devenue suave… Je ne savais qu’en faire, mais approchais peu à peu du précipice. Ghislaine tourna la dernière page du roman qu’elle feuilletait distraitement sur le canapé. Elle posa le livre sur ses genoux, puis me regarda adossé à la fenêtre, pensive. — Elle vous agace, la Princesse ? demanda-t-elle. — Euh non… mais elle me fait de la peine. Elle renonce à ce qu’elle veut, à ce qu’elle aime. Elle choisit l’honneur et la morale. (restituant ainsi les seuls souvenirs que j’avais de ce cours, la conclusion d’un vieux prof que j’écoutais à peine !) — Elle choisit sa vérité. ...