1. L'initiatrice


    Datte: 15/05/2026, Catégories: #initiation, #personnages, #premiersémois, #différencedâge, fh, fagée, Oral Auteur: Delectatio, Source: Revebebe

    Quand je suis entré en faculté, je n’étais pas encore un jeune homme accompli. J’avais traversé mes années de lycée dans le cocon familial. Peu d’amis, peu de sorties, et encore moins de débrouillardise. L’idée que je me retrouve seul, dans une ville inconnue, loin de tout repère, glaçait le cœur de ma mère.
    
    Par un hasard providentiel, mes parents avaient gardé le contact avec une vieille amie de la famille, une certaine Ghislaine Perléaud, qui habitait justement dans cette localité. Elle avait pris l’habitude de louer des meublés à de jeunes étudiantes. « À des étudiantes, exclusivement », avait-elle précisé. Mais mon père, usant de toute sa diplomatie, un brin insistante, réussit à faire une entorse à la règle.
    
    Voici comment je me retrouvai pensionnaire, ou plutôt captif, chez madame Perléaud. Une veuve de soixante-trois ans, fervente catholique, d’un tempérament sec et d’une autorité implacable. Ses autres locataires avaient des entrées indépendantes et on ne les voyait quasiment jamais. Mais la chambre qu’elle m’octroyait se trouvait dans son propre appartement, et j’y vivais comme on vit dans un monastère, sous surveillance constante et dans le respect strict d’un règlement tacite. Pas de visiteurs. Pas de sorties après vingt-deux heures. Les repas du matin et du soir se prenaient avec elle, dans le silence ponctué de prières murmurées et de remarques convenues. Je n’avais pas voix au chapitre, ni dans le salon, ni dans la cuisine, encore moins dans les décisions ...
    ... de la maisonnée.
    
    Comparé à mes camarades de première année, bruyants, libres et légèrement éméchés en fin de semaine, ma condition faisait figure de pénitence. J’en avais parfois honte : honte de toujours rentrer tôt, honte de n’avoir nulle part où inviter, honte de vivre sous le joug d’une logeuse au regard perçant, qui semblait lire mes pensées les plus inavouables.
    
    Ghislaine Perléaud n’était pas simplement sévère, elle était acariâtre, au sens rugueux du terme. Une femme froide et austère, que le sourire semblait avoir désertée depuis des décennies. Jamais un mot aimable, jamais la moindre chaleur dans la voix ; elle parlait peu, et quand elle le faisait, c’était d’un ton sec, supérieur, comme si chaque phrase lui coûtait un effort inutile et qu’elle n’attendait rien de bon de personne, et surtout pas de moi.
    
    Tout, chez elle, obéissait à un code rigide qu’elle n’avait jamais pris la peine d’énoncer clairement, mais que j’étais censé deviner, assimiler et respecter. Il y avait des règles pour tout : l’usage minuté de la salle de bain, les formules de politesse qui devaient être récitées comme des litanies, le lit impeccablement fait au carré, les affaires soigneusement rangées, comme dans une chambre témoin. Aucun écart n’était toléré. Pas de nourriture dans la chambre, pas de musique audible, pas un grain de poussière. Tout ce qui était spontané, tout ce qui respirait un peu trop fort semblait la déranger.
    
    Avec mes parents, il avait été convenu que je rentrerais ...
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