1. L’évènement : De charybde en Chti là !


    Datte: 05/05/2026, Catégories: fh, fffh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe

    ... fait une embardée quand j’avais tiré aussi le frein à main et le moteur avait calé, petite quatrième engagée dans la boîte.
    
    L’enquête, dont on ne m’avait pas tenu au courant, avait connu une conclusion officielle aussi inattendue que surprenante : meurtre prémédité, la victime ayant été poussée volontairement sous mes roues par une tierce personne !
    
    J’avais beau n’avoir aucun souvenir de l’évènement, je n’ai pas cru une seconde à cela. Lina avait émis alors l’idée que cette conclusion permettait l’organisation à la hâte d’une cérémonie protocolaire, Marseillaise, remise de médaille et attribution d’une pension à la veuve. « C’est toujours ça pour la pauvre femme ! ». Et quand bien même des souvenirs me revenaient à un moment ou un autre et infirmeraient la thèse officielle, il serait trop tard : mes propos seraient gentiment étouffés… En bref, mon amnésie arrangeait bien les autorités.
    
    J’avais beau être dans le vide totale, j’avais tout même une image en tête dont je ne savais si elle était un souvenir ou si elle ne résultait simplement du corps vu sur le macadam ? La silhouette d’un homme, tout de noir vêtu, des pieds à la tête jusqu’à son bonnet noir.
    
    Ce bonnet avait été retrouvé par les gendarmes.
    
    Mais pas la tête de la victime. Son corps oui, presque entier, à peine quelques fractures aux épaules repérées à l’autopsie. Mais pas la tête, pas son cerveau du moins. La voûte crânienne avait littéralement explosé dans le choc. Des morceaux d’os avaient été ...
    ... recueillis çà et là, la partie basse de son visage était restée presque intacte, mais pas son cerveau, quasiment pas de matières… molles. Vaporisées. Introuvables. D’autant que le déluge qui s’était abattu sur les lieux, juste avant l’arrivée des premiers gendarmes, avait nettoyé la scène, évacué ces parcelles dans le ru qui s’était spontanément formé dans le bas-côté. Sans papiers sur lui, l’identification de la victime aurait sans doute pu prendre un peu de temps. Le holster ouvert et vide qu’il portait avait intrigué les fonctionnaires, mais le numéro de série de son arme retrouvée dans le bas-côté avait donné la clé : l’homme était policier ! Un policier en mission d’infiltration !
    
    Mais que faisait-il là, ce flic, dans le noir, à trente kilomètres de Pau ? Et pourquoi m’aurait-il menacé d’une arme ? Moi, qui ne le connaissais pas ! Lui qui ne me connaissait sûrement pas plus !
    
    Quinze jours après l’évènement, j’avais fait un premier cauchemar dont je n’avais gardé en mémoire que quelques bribes à mon réveil. Quelques flashes qui m’avaient secoué, d’autant que je n’allais déjà pas très fort : tuer un de ses contemporains, que vous soyez responsable ou non, ça vous secoue un homme ! Un traumatisme abominable qu’on ne peut souhaiter à personne.
    
    Puis, plusieurs fois par semaine, ce mauvais rêve s’était répété, dévoilant un peu plus d’images, disparates, incompréhensibles. Insensées. Puis, les éléments de la scène s’étaient précisés, mis en ordre jusqu’à former un film, au ...
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