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L’évènement : De charybde en Chti là !
Datte: 05/05/2026, Catégories: fh, fffh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
Résumé de l’épisode précédent : L’évènement : De charybde en Chti là ! La marche sur le plateau est laborieuse. Le terme plateau est un peu abusif pour désigner cet espace : des collines moutonnent le paysage et rapprochent l’horizon, bouchent la perspective des lieux dont on ne commence à appréhender l’immensité qu’en gravissant un tertre plus haut que les autres. Des blocs de basalte noir, bombes volcaniques éparpillées, hérissent leurs arêtes tranchantes, des failles sinueuses lacèrent le sol, certaines larges mais trop profondes pour qu’on en distingue le fond, d’autres, étroites où coulent parfois un ruisseau qui disparaît soudainement dans les entrailles de la Terre. Un paysage stérile, sans arbre, sans buisson, terre désolée et pourtant grandiose avec au loin, le cône fendu d’un volcan. Les herbes couchées, les lichens, les mousses, seuls végétaux résistant aux ballets incessants du vent, cachent le sol noir. Autant de creux et de bosses, traîtrises indétectables, qui vous font trébucher régulièrement. J’aurais dû emporter un bâton de marche… Le ciel est toujours dégagé mais un petit vent aigrelet me transperce malgré la doudoune que j’ai tirée de mon sac en arrivant au terme de mon ascension. Ce vent désagréable me fait presser le pas, non que j’ai hâte d’atteindre mon but mais juste pour échapper à cette bise chargée par moments de grésil picotant. Car non, je ne suis pas pressé, de moins en moins pressé, de plus en plus étreint que je suis par mes doutes, ...
... par le bien-fondé de ma visite. Il faudra que je fasse attention à ce que je vais dire, demander. Que j’arrête mes questions si je comprends que la pauvre femme n’a rien à m’apprendre, qu’elle ne détient pasLA réponse que j’espère. Non, décidément, je ne veux pas faire de la peine à une grand-mère de soixante-dix ans bien sonnés. Je trébuche, coince mon pied dans une des indétectables brèches du sol. Je tombe. Ma cheville me fait mal. Je reste assis. Je me recroqueville, me pelotonne dans ma parka, resserre la capuche. Allez, cinq minutes de pause et ça ira mieux. Je repense à Lina, à notre rencontre, il y a trois ans déjà… ooo000ooo Lina me rejoint sur le parking du Club Rubis et je suis scié ! Je ne m’attendais pas à ça : chemisier en soie lie de vin, veste et jupe crayon gris souris. Sac Hermès en bandoulière, escarpins Louboutin ou Styletto (enfin je crois, je ne suis pas un expert…) et sur le nez, des grandes lunettes rondes (j’adôôôre les femmes à lunettes !). Bref, elle a tout de la jeune cadre dynamique… ou plutôt… dynamite, en l’occurrence ! Voyant mes yeux écarquillés, elle fait mine de s’inquiéter : — Qu’est-ce qu’il y a ? Oh non ! Ne m’dis pas qu’on voit que je n’ai pas de slip ? Elle termine sa phrase en riant aux éclats : tu parles Charles, on ne risque pas d’apercevoir quoi que ce soit, la jupe de son tailleur lui descend presque aux genoux ! Jupe qu’elle trousse résolument en s’asseyant au volant : — Faut être à l’aise pour conduire, ...