1. L’évènement : De charybde en Chti là !


    Datte: 05/05/2026, Catégories: fh, fffh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe

    ... du sketch de Muriel Robin la fait éclater de rire ! Moi, je souffle un peu. Temps mort : je remets mon cerveau dans le bon sens !
    
    — J’habite Pau en fait. Ras-le-bol de la grisaille de Roubaix, un matin, trois mois après la mort de mon mari, j’ai décidé de liquider notre appartement et mon ancien studio de célibataire aussi. J’ai embarqué mes p’tites affaires et l’urne des cendres de Lias – elle est au columbarium du cimetière Bessières désormais, précise-t-elle. Et donc, je suis partie vers le soleil. Mais bon, pourquoi Pau ? Honnêtement, je préfère ne pas trop me poser la question… Vous trouvez ça macabre ?
    — Non-non, je me récrie vivement avant d’ajouter, bredouillant à nouveau :… Mais… pour… pourquoi… PAU, justement ?
    
    Elle hausse les épaules, me sert une moue consternée. Un frisson me parcourt l’échine : elle veut se venger ! C’est ça, elle est venue s’installer à Pau pour se venger, m’éliminer ! Je désigne mon café que je n’ai pas encore touché :
    
    — Vous y avez versé du cyanure ?
    
    Elle rit, plus fort encore que précédemment.
    
    — Mais non, je ne vous veux aucun mal ! On peut échanger nos tasses si vous voulez ! Non, je ne veux pas me venger, je sais que vous n’êtes pourRIEN dans la mort de Lias.
    
    C’est alors que son sourire disparaît :
    
    — Enfin, je savais, je croyais savoir, j’avais gobé la version officielle. Mais maintenant, je sais !
    
    Je ferme les yeux, dans l’attente de l’uppercut qui va m’expédier au tapis : Lina, viens me rejoindre ! Tou’suite, ...
    ... comme tu dis !
    
    — Ingunn, la grand-mère de Lias m’a appelée il y a deux semaines. Malade, elle savait qu’elle n’en avait plus pour longtemps. Au lendemain de mon arrivée, elle a convoqué un notaire qui est venu ici pour me donner lecture, devant elle, du testament qu’elle lui avait fait établir. En ma faveur. En fait, elle m’a tout légué, la maison, les quelques terres du fjord qu’elle loue à un voisin, et tout et tout. Toutes ses économies aussi, converties en bons du Trésor, français pour que ce soit plus simple pour moi, et quelques pièces d’or, le tout déjà transféré dans un coffre de banque à Paris. Ne me demandez pas comment elle s’y est prise !
    
    Je suis sur des charbons ardents, priant pour que le barbecue infernal qui m’incendie les joues et les oreilles ne m’explose pas à la gueule. Lina, surtout Lina, Lina ne voudrait pas ça !
    
    — Jules, je peux vous appeler Jules ? Et on peut se tutoyer ?
    — Oui bien sûr euh… Gwennn…
    — Oui, c’est ça, Gwen, juste Gwen et surtout pas Gwendo please, ça fait… art martial pour débilosses ! Mais bon, Jules, j’imagine que si tu es venu jusqu’ici, si tu as appris une langue aussi difficile que l’islandais pendant plusieurs mois…
    — Ah parce que vous… enfin tu… Hey ! Tu m’as surveillé en fait !
    — Non, même pas mais j’ai un job de secrétaire commerciale dans la rue où habite Audur. Un soir, en sortant du taf, je t’ai vu sortir de chez elle, des bouquins sous le bras. Je me suis bien imaginé que ce n’étaient des livres sur la dentelle de ...
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