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L’évènement : De charybde en Chti là !
Datte: 05/05/2026, Catégories: fh, fffh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... assoiffés, offrant café, thé ou eau fraîche, voire une tranche de Flatkaka (rien que le nom m’amuse…), un gâteau genre pain de seigle. Du léger, du moelleux quoi ! Je tire vers moi la première porte, pousse la seconde qui fait tintinnabuler une clochette très sonore. Un instant plus tard, la porte au fond de la salle s’ouvre, livrant le passage à… une souriante jeune femme, mignonne, blonde, coupe au carré avec une large mèche rouge qui masque en partie son œil droit. Entre vingt et trente ans ? D’accord, je ne suis pas très doué pour évaluer l’âge des gens mais il est évident que la donzelle ne titre pas dans les soixante-quinze ans. C’est clair, il ne peut s’agir d’Ingunn. — Góðan daginn ! lance-t-elle. Je réponds à son bonjour : — Gódan dagène ! La jeune femme, souriante de prime abord, fronce résolument les sourcils et pince ses lèvres en s’approchant. Bon, d’accord, mon accent n’est parfait mais justifie-t-il l’air chiffonné qu’elle affiche ? Et cette façon qu’elle a de me dévisager… Décontenancé par son attitude, je lui demande presque en m’excusant si je pouvais avoir un café : — Er hægt ad fá sér kaffi ? — Sucre ? Lait ? — Ni l’un, ni… MAIS ! Mais vous parlez français ? Trop contente sans doute de m’avoir surpris, elle me répond avec un large sourire cette fois : — Je suis… française ! Et moi, je suis… scotché ! — Asseyez-vous, je reviens tout de suite, je vais chercher le café… et deux tasses. J’en prendrai aussi, avec vous : c’est ...
... qu’on a des choses à se dire tous les deux ! Hein ? Quoi ? Comment ? Pardon ! Keske ? Quand elle revient avec sa cafetière et deux tasses, je suis encore et toujours dans le même état d’hébétude ! — Je viens de le faire, il est chaud, m’explique-t-elle en remplissant les tasses avant de s’installer en face de moi. — Oh ben oui, c’est sûr, est la réponse la plus intelligente que j’arrive à lui servir ! Tout sourire, elle s’amuse de mon trouble. À moins qu’elle ne se foute ouvertement de ma tronche ? — Je vous ai reconnu. Je suis Gwendoline Cajfdorfson, ou Cador si vous préférez. Je suis la veuve de Lias. Un double-decker bus, précipité d’un 46e étage d’un building (et qu’on ne me demande surtout ce qu’il foutait là-haut le british red autobus), me tomberait sur le haut du crâne à cet instant que je ne serais pas plus assommé ! — Je vous ai reconnu, le gendarme Bau…bou… Bour… — Bouroud, pardon euh… Baroud ! Excusez-moi, le gendarme Baroud, je bredouille. — C’est cela oui. Il m’avait montré votre photo et puis, de toute façon, je vous ai souvent croisé, à Pau. La dernière fois, c’était… quoi ? Il y a quinze jours, juste avant de venir ici ! Bon sang, mais c’est bien sûr - c’est évident – il y a quinze jours… à Pau ! Normal, une ch’timi qui me croise, régulièrement… à Pau. Houlà, c’est que j’ai sérieusement besoin de me détendre le burnous, mollah… euh… moi – là ! — Euh, dis Patricia, elle est… elle est où ma-aaâ cuisine ? Mon évocation saugrenue ...