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L’évènement : De charybde en Chti là !
Datte: 05/05/2026, Catégories: fh, fffh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... acceptes-tu d’être ma femme ? Ma compagne resta figée quelques instants encore, puis je vis ses yeux s’embuer, son corps se détendre. Juste avant de me sauter au cou pour m’embrasser fougueusement. Ce baiser aurait pu m’asphyxier mais la formidable goulée d’air que j’avais avalée juste avant qu’elle ne me bâillonne m’aurait sans nul doute permis de tenir des… heures en apnée ! Re-Grand Bleu ! Puis, le baiser torride s’effaça, laissant place à un autre, tendre, délicat, délicieux chamallows, puis d’autres encore, légers, appuyés, furtifs, simples bécots, patins, papillons… Le plus important pour moi, le plus grisant, le plus étourdissant, était que tous ces baisers étaient entrecoupés par des « oui », timides d’abord, puis montant crescendo jusqu’au bouquet final, presque hurlé : «OUI – OUI – OUI, JE LE VEUX ! » À travers l’imposte de la porte d’entrée, un soleil vainqueur nous nimbait d’une aura magique, les fines poussières en suspension dans l’air scintillaient comme de minuscules étoiles. Le sombre couloir vieillot s’en trouvait métamorphosé en une scène féérique où deux danseurs ivres tanguaient tendrement et heureux. J’avais réalisé, plus tard, que j’aurais franchement pu choisir un décor plus approprié, à la hauteur de l’évènement mais que je m’en étais finalement bien sorti : où donc notre nudité biblique aurait-elle pu mieux exprimer l’immensité de notre simple et évident bonheur ? Nous nous étions bercés longtemps dans cette faille temporelle, soulés ...
... deje t’aime enamourés. Longtemps. Jusqu’à ce que nos corps, affamés par nos mains indiscrètes, que nos peaux confondues n’en viennent à hurler notre désir. Je finis par rompre notre harmonie extatique par une question volontairement in-con-ve-nable. — Et maintenant, on fait quoi ? je lui demandai. Je te tréfile la perle, ici, dans le couloir ou bien… Elle ne me laissa pas finir, attrapa en riant son bon diable par la queue(houlà, doucement !) et m’entraîna vers la chambre. ooo000ooo J’approche de mon but. La maison, contrairement à celles blotties les unes contre les autres, en bas, dans le fjord, ne comporte pas d’étage mais est beaucoup plus large. Ou longue, comme on voudra. En bois, elle est d’un rouge rubis très flashy, d’autant que les planches de rives du toit engazonné, les poutres d’angles, d’encadrement de portes et de fenêtres et toutes ses huisseries sont blanches. La dépendance qui la jouxte est assortie à l’habitation principale. Ma logeuse m’a prévenue : pendant des décennies, cette maison isolée sur la lande haute était une ferme auberge où les promeneurs dominicaux se pressaient pour déguster dans une joyeuse ambiance des spécialités typiques (dont l’énumération ne m’avait pas du tout fait saliver !). Mais à la mort de son époux, Ingunn avait cessé cette activité, vendu ses bêtes et loué ses terres d’en bas. Rien n’avait changé toutefois dans l’aménagement de l’ex-auberge et la brave femme continuait d’accueillir avec plaisir les randonneurs ...