1. 0308 C’est là que l’imprévisible se produit.


    Datte: 26/10/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... violence pour se retenir.
    
    Je me fais violence à mon tour pour ne pas me lever de ma chaise et le prendre dans mes bras.
    
    « Ça va aller, P’tit Loup, ça va aller. »
    
    Je suis profondément touché par son émotion, et je m’autorise à espérer que le soulagement que cette nouvelle a semblé provoquer en lui l’aide à sortir de sa morosité. Le soir, la nuit suivante, j’attends son retour avec impatience. Je suis fatigué, mais je ne peux pas m’endormir. Je l’attends sur le clic clac, devant la télé. Je m’autorise à espérer que lorsqu’il rentrera de son service, je retrouverai le Ptit Loup que j’aime, celui de ma première visite à Paris, celui des séjours à Campan, celui des visites surprises à Bordeaux.
    
    Il n’en est rien. Jérém rentre encore plus soûl que la veille, encore plus stone.
    
    « Ça va, ptit Loup ?
    
    — Arrête de m’appeler comme ça !
    
    — Et tu veux que je t’appelle comment ?
    
    — Jérém, c’est bien.
    
    — T’es chiant ! Je comprends que tu sois affecté par ce qui s’est passé…
    
    — Ecoute, Nico. Tu devrais rentrer…
    
    — Mais Jérém !
    
    — Nico, rentre chez toi. Je n’ai pas envie qu’on s’engueule et je n’ai pas envie de te dire des choses que je regretterais après. Pour l’instant j’ai besoin d’être seul.
    
    — On se revoit quand, alors ?
    
    — Je n’en sais rien, on verra.
    
    — Encore "on verra" ? On en est à nouveau là ? Dès que quelque chose se passe mal pour toi, tu me jettes ?
    
    — Ne me prends pas la tête à cette heure-ci, tu veux ?
    
    — Mais Jérém ! Je t’aime et je ...
    ... veux être là pour toi !
    
    — Je n’ai pas besoin de toi, je n’ai besoin de personne, j’ai besoin d’être seul, tu comprends ça ?
    
    — Et moi il faut que je t’attende encore.
    
    — Tu fais ce que tu veux.
    
    — Je voudrais pouvoir faire quelque chose pour toi…
    
    — Tu peux me faire une pipe si tu veux.
    
    — J’avais très envie quand tu es rentré, mais là j’ai vraiment plus envie.
    
    — Tant pis, je me débrouille… »
    
    Je n’arrive pas à croire que nous en soyons à nouveau là. Je pars dans la chambre, je passe une nuit horrible, je ne dors presque pas. Le lendemain matin, je suis réveillé par le bruit de la douche. Je suis vaseux, j’ai l’impression que tout mon corps est engourdi, et un mal de crâne épouvantable m’empêche de réfléchir. Mais pas de souffrir.
    
    Je me lève, je m’habille, j’ai besoin de voir Jérém avant qu’il parte travailler.
    
    « Bonjour, je lui lance en essayant de ne pas laisser transparaître ma souffrance.
    
    — Salut » il lâche sèchement.
    
    Nous nous regardons pendant quelques instants. Dans ses yeux, sa tristesse me touche.
    
    « Demain, je ne bosse pas… »
    
    Pendant un instant, j’espère qu’un miracle va se produire.
    
    « Alors, ce soir je vais sortir avec des potes… »
    
    Non, pas de miracle. J’ai envie de pleureur.
    
    « Tu veux vraiment que je parte ?
    
    — Je pense que ce serait mieux que tu rentres, oui » il finit par lâcher, après un instant de silence qui me paraît interminable, insupportable. Son regard est fuyant, et j’ai comme l’impression que ses yeux sont ...
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