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0308 C’est là que l’imprévisible se produit.
Datte: 26/10/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... embués. « Mais Jérém… — N’insiste pas. Tu ne vas pas rester ici à squatter avec moi l’appart de mon pote, alors que je n’ai pas le temps ni la tête pour être avec toi ? Je serais insupportable, et tu serais malheureux. On finirait par s’engueuler, et je ne veux pas qu’on s’engueule. — Mais pourquoi c’est toujours si difficile entre nous ? Pourquoi il faut que j’apprenne ce qui se passe dans ta vie par ton ancien voisin, par ton colocataire, par Charlène ? Pourquoi tu ne me parles pas ? Pourquoi tu ne me fais pas confiance ? — Je suis désolé, Nico. Je voudrais être différent, mais je n’y arrive pas. Je vois tout ce que tu fais pour moi, et ça me touche, vraiment. Mais c’est moi qui cloche, et je ne veux pas te faire du mal. — Ce qui me fait le plus mal c’est de ne pas être avec toi alors que je sais que tu n’es pas bien ! » Ses mots me touchent. Je me retrouve dans une situation horrible, ne rien pouvoir faire pour aider le gars que j’aime, à part respecter son besoin d’être seul. « Tu veux vraiment que je parte ? » j’enchaîne après un autre silence lourd comme du plomb. Et là, pour toute réponse, Jérém se retourne. Ses yeux sont vraiment humides. Il me prend dans ses bras, il me serre très fort contre lui. Je ne peux retenir mes larmes, et j’éclate en sanglots. « Je suis désolé. Tu es un gars exceptionnel, tu mérites mieux que moi ! — Mais c’est toi que je veux ! — Laisse-moi un peu de temps, le temps que je me sorte de cette merde, le temps ...
... que je me retrouve. Et encore merci, vraiment merci, pour ce que tu as fait pour moi l’autre soir. » Je pleure dans ses bras, je l’embrasse fébrilement, je caresse ses cheveux, je respire le parfum de sa peau. « Je dois y aller » il enchaîne tristement. Il me semble inconcevable de devoir partir, alors que nous pouvons enfin être ensemble, alors que je suis libéré de mes contraintes de cours, et qu’il est libéré de ses contraintes « de milieu sportif ». Mais c’est ainsi, et je ne peux rien y faire. « Je vais rentrer aujourd’hui, je concède, comme dans un état second. J’ai l’impression de ne pas reconnaître ma voix, que mes mots sont ceux de quelqu’un d’autre. — Tu rentres à Toulouse ? — Oui. — Si tu vois Thib, passe-lui le bonjour de ma part. — Jérém… à propos de Thib… il ne faut vraiment pas que tu croies des choses. Je suis avec toi, et Thib c’est juste un bon pote. — Et pourtant, tu serais tellement mieux avec lui qu’avec moi… » Ses mots me font mal comme un coup de poing dans le ventre. J’ai l’impression que Jérém baisse les bras, qu’il ne croit plus en notre histoire. « Dis pas ça ! — Lui il saurait t’aimer comme tu le mérites. Il ne te ferait pas autant de mal. — Je n’en sais rien, et je n’ai pas envie de le savoir. C’est toi que j’aime, Jérémie Tommasi ! — Ourson… — P’tit Loup… » Un instant plus tard, je sens son étreinte se délier. Jérém se retourne. Je sais qu’il pleure, et je sais qu’il ne veut pas que je voie ça. Je le ...