1. 0308 C’est là que l’imprévisible se produit.


    Datte: 26/10/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... vue, ça va ? Tu vois clair ou brouillé ?
    
    — Oui, ça va.
    
    — Comment tu t’appelles ?
    
    — Ouissem.
    
    — Et tu sais quel jour on est, Ouissem ?
    
    — Samedi ???
    
    — Oui, on est bien samedi.
    
    — Et quel mois et année ?
    
    — Euh… juin… 2002…
    
    — C’est ça !
    
    — Aide-moi à enlever le casque…
    
    — Attends un peu… laisse-moi appeler les urgences avant et voir ce qu’ils disent. »
    
    Je sors mon téléphone de la poche et je compose le 15.
    
    Je suis étonné d’arriver à garder le contrôle, alors que Jérém est hors de lui. Les mots sortent tout seul, je mets mon plan à exécution avec un aplomb dont je me serais cru incapable.
    
    « Je m’appelle Nicolas Sabathé et je viens d’avoir un accident. Un scooter a surgi de la gauche et il s’est encastré dans ma voiture… oui, le conducteur du scooter est conscient… le nom de la rue… je ne le connais pas… »
    
    Ouissem me donne lui-même le nom de la rue, ce qui est plutôt rassurant.
    
    « Mais qu’est-ce que tu leur as raconté ? me lance discrètement Jérém dès que j’ai raccroché.
    
    — Viens, je lui lance, tout en le prenant par le bras pour l’éloigner de Ouissem.
    
    — C’est moi qui ai eu l’accident, pas toi ! il me crie tout bas.
    
    — On s’en fiche, du moment que personne d’autre ne le sait à part toi et moi.
    
    — Nico, j’aurais pu le tuer !
    
    — Tais-toi, putain, Jérém ! Il n’est pas mort, il est juste blessé. Toi t’as bu et t’as fumé. Si on dit que c’était toi qui conduisais, tu vas vraiment être dans la merde. Moi je suis clean, le mojito ...
    ... remonte à longtemps…
    
    — Mais c’est ma voiture !
    
    — On s’en fout de ça ! J’ai mon permis, et tu as le droit de me la prêter !
    
    — Tu peux pas faire ça !
    
    — Si je peux, et je vais le faire. Je ne vais pas te laisser dans la merde, Jérém, c’est hors de question ! Il faut juste que tu me promettes de maintenir cette version quand la police te posera des questions. »
    
    Son regard terrorisé me touche et me rend tellement triste.
    
    « De toute façon, désormais j’ai dit que c’était moi, je lui lance. Si tu dis autre chose, c’est moi qui suis dans la merde ! Alors, t’as intérêt à pas déconner ! »
    
    Les secours arrivent quelques minutes plus tard, accompagnés par les forces de l’ordre. Ouissem est pris en charge. Un policier, la trentaine, très imposant et plutôt pas mal gaulé dans son uniforme, nous demande qui était le conducteur. Je déclare que c’était moi.
    
    Alors, on s’occupe de moi en premier. On me fait rentrer dans le fourgon, on me demande mes papiers, on me fait souffler dans une machine, saliver sur une bandelette. On constate que je suis clean. On me pose des questions sur l’accident, on me fait remarquer que la voiture est au nom de Mr Tommasi, on me fait redire que c’était moi qui conduisais. Je confirme, encore et encore, avec un aplomb dont je me serais cru incapable dans une telle situation. On me rend mes papiers et on me dit que je peux partir. Pourvu que Jérém ne me contredise pas !
    
    Je sors du fourgon comme sonné. Jérém y rentre en suivant. Les minutes ...
«1234...17»