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0308 C’est là que l’imprévisible se produit.
Datte: 26/10/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... prends dans mes bras, j’attire son dos contre mon torse, je couvre son cou de mille bisous. Mon cœur sanglote avec le sien. Je voudrais trouver les mots, les arguments pour le faire changer d’avis, pour qu’il accepte mon amour, ma main tendue. Mais je sais que tout mot serait le mot de trop et risquerait de gâcher ce moment. Je préfère qu’on se quitte de cette façon, en nous avouant que nous nous aimons même si nous n’arrivons pas à vivre cet amour. Je préfère quitter Jérém en larmes plutôt qu’en pétard. Je me sens étrangement en paix avec moi-même. Pour la première fois je me dis que j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir, et que désormais la balle n’est plus dans mon camp. Je me dis que tout ce que je pourrais faire de plus, ce serait de trop. Je repense à une chanson qu’écoutait Maman quand j’étais petit et que je trouvais très belle et triste à la fois. When all is said and done… https://www.youtube.com/watch?v=tUh4u-lYEhM Jérém quitte l’appart dans la foulée, sans me regarder. Je voudrais le retenir, mais je sais que ça ne servirait à rien. Je le regarde passer la porte et le battant se refermer derrière lui. Son image impressionne encore ma rétine, son parfum fait encore frémir mes narines, sa présence hante encore mon esprit. Et mes sanglots éclatent à nouveau, incontrôlables. Jérém vient de partir et je me retrouve seul comme s’il venait de me quitter. Ce n’est pas le cas, car je sais qu’il sait que mon amour est là. Je sais que le sien est là ...
... aussi. Mais, visiblement, l’amour ne suffit pas au bonheur, ni au mien, ni au sien. Le constat de mon impuissance face à son malheur me rend infiniment triste. Nous nous retrouverons peut-être un jour. Peut-être. Cette « date » indéfinie et hypothétique est un abysse devant lequel ma raison échoue, laissant une sensation d’immense désolation m’envahir. Les yeux embués de larmes, je rassemble mes affaires. Je quitte l’appart, je prends le métro et je prends le premier train au départ pour Toulouse, la mort dans le cœur. Tu t’appelles Jérémie Tommasi et ce matin, en partant à la brasserie après avoir demandé à Nico de partir, tu as envie de pleurer. Non, tu pleures. Tu t’en veux de l’avoir fait souffrir encore. Surtout après ce qu’il a fait pour toi après l’accident. Une fois dans la rue, tu aurais voulu trouver le courage de lui expliquer pourquoi tu te sens si mal vis-à-vis de lui. Tu as été tenté de faire demi-tour, d’aller le retrouver, de lui dire à quel point tu tiens à lui. Mais tu n’as pas pu. Comment arriver à exprimer clairement tes sentiments, alors que tu es si mal à l’aise dans ta tête ? Comment lui expliquer que ta déception et de ton amertume vis-à-vis de ta carrière avortée ce ne sont pas les seules raisons qui te mettent mal à l’aise dans votre relation ? La cohabitation avec ton co-équipier s’est révélée plus difficile que prévu. Le côtoyer au quotidien dans la proximité et promiscuité d’un petit appart, être confronté à sa présence, parfois à sa nudité ...