1. Sur le fil


    Datte: 28/01/2024, Catégories: ff, lesbos, Auteur: Leandre R, Source: Revebebe

    ... Et puis elle est charmante, cette jeune fille.
    
    Eris apparut avant qu’un commentaire maladroit ne m’échappe. Son allure était tout à fait convenable, nulle n’aurait pu soupçonner ce qu’il venait de se dérouler. Son visage rosi pouvait être mis sur le compte de la chaleur ambiante. Que n’aurais-je pas fait si personne n’était venu ? Je dois dire que c’est avec une satisfaction perverse que je me dissimulai derrière le rideau pour observer mon apprentie en catimini. Comme son petit sexe implorant devait palpiter et se rappeler à elle chaque seconde, sans qu’elle ne puisse rien laisser paraître… Sourire et discuter avec la cliente, le derrière encore cuisant… Certes, je n’étais pas en reste, je serrai les cuisses pour étouffer mon propre désir, et je tâchai de me concentrer sur mon travail.
    
    — Que cela ne se reproduise pas, dis-je à Eris lorsqu’elle me rejoignit dans l’atelier.
    — Non, madame.
    
    Elle semblait sincèrement contrite et l’incident fut clos. Mais je ne pus m’empêcher de la scruter à la dérobée, de deviner sous les plis de son pantalon les merveilles que j’avais explorées, nous travaillâmes encore deux heures et je restais une de plus après son départ. Ce soir-là, mon époux n’avait pas fini de débarrasser la table de notre repas lorsque je me collai à lui, lascive et entreprenante. Cela faisait des années qu’il ne m’avait prise ainsi, debout, accoudée entre le pot d’eau et la panière. Il jouit après moi en me mordant l’épaule.
    
    Dans ma mémoire, les derniers ...
    ... jours du contrat d’Eris passèrent comme un seul. Les commandes furent honorées les unes après les autres, je tâchais de rester concentrée sur mon but mais toujours j’épiais mon apprentie, guettant la moindre erreur, ou du moins m’en persuadais-je. Elle devait bien sentir mon regard couler sur ses courbes mais n’en jouait plus. À mon désarroi naissant, j’avais l’impression qu’elle se désintéressait de moi. Oui, tout était plus simple, elle était plus efficace, plus appliquée. Mais les journées étaient fades, l’absence d’ambiguïté dans nos échanges laissait un vide que rien ne comblait.
    
    C’est ce que nous recherchons tous dans l’amour ; ce sel qui agrémente chaque instant, l’enjeu que revêtent des gestes habituellement anodins. Être sur la faille, parfois risquer la chute pour des moments de plaisir que notre morale réprouve. Guetter l’autre, trouver du sens là où tout autre ne verra rien que de très normal. Eris avait fait renaître cela chez moi, bien que je m’en défendisse.
    
    Et vint le dernier jour. Pour l’occasion, elle avait choisi une robe blanche immaculée et une paire d’escarpins blancs. Je me souvins qu’elle m’était apparue toute de noir vêtue le premier jour. Faut-il toujours interpréter les choses ? Ce n’était probablement qu’une coïncidence. J’étais moi-même habillée d’un tailleur léger, aussi sobre qu’élégant. Nous travaillâmes comme n’importe quel autre jour mais parlâmes peu. Je profitais de chaque opportunité pour me rassasier de sa beauté, blonde Vénitienne aux ...