-
D'ambre et d'écume
Datte: 26/10/2023, Catégories: fh, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... que je ne vais pas être en mesure de le tracter jusque chez moi. Et ce gars-là a besoin de chaleur, d’un endroit au sec pour se remettre… si Dieu le veut. Alors je sais bien que je fais une grosse connerie. Mais je n’en suis plus à une près. Je laisse le bonhomme couché en bas du sentier, recouvert de mon ciré. Bien sûr, je file chez moi, récupérer ma carriole à deux roues. Une remorque dont je me sers pour, parfois, ramener les courses trop lourdes du village. Et en suant toute l’eau de mon corps, je parviens à coller le gaillard dans la charrette. Ce n’est pas non plus une mince affaire que de remonter la pente en tirant comme une ânesse le poids mort qui ne bouge plus. Il me faut plus d’une heure et demie pour faire les deux ou trois cents mètres qui me séparent du chemin qui mène à ma maison. Je suis trempée, j’ai froid, mais aussi satisfaite lorsque j’entrouvre la porte de ma demeure, où un bon feu m’accueille. Je referme derrière mon passage. Pas une seule chance que quelqu’un m’ait vue transporter cet inconnu chez moi. Dehors, la tempête redouble d’intensité. Alors qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de ce mec qui gît dans la charrette dans la remise ? Il faut que je me décide. Je dois le ramener ici au chaud. Et bon sang qu’il est lourd, le bougre ! Pas un seul instant il n’est revenu à lui. Il ne va pas lâcher la rampe dans ma carrée, tout de même ? Voilà, l’énergumène est maintenant allongé sur le plancher, dans la pièce qui me sert de salon. L’eau ...
... coule de ses fringues détrempées par l’eau de mer. Une idée s’impose à mon esprit. Je dois le dévêtir et le coucher dans des draps bien secs, au chaud. Après, j’aurai tout le loisir de penser à ce qui va arriver… Bon… ses chaussures, elles sont définitivement hors d’usage. Et ses chaussettes trouées ne valent pas tripette. C’est à cramer tout ça. Donc je les colle dans un sac étanche pour qu’ils attendent des jours meilleurs. Reste sa veste, sa chemise et… son pantalon. Tout est dans un état lamentable, mais c’est normal, non ? Après un naufrage. Alors je m’attelle à cette tâche du genre pas simple. Mon inconnu est enfin nu comme un ver. Il me faut encore un sacré effort pour le soulever et le coucher sur le canapé convertible déplié en lit pour l’occasion. Mais une fois que c’est fait… j’essuie le zigoto à l’aide d’un drap de bain. Il ne bronche toujours pas. Pourtant, sa poitrine se soulève très régulièrement, au rythme de sa respiration. Ça me rassure pour la suite des événements. Je dois encore mettre ses vêtements au linge sale… bien que je me demande si… ça vaut bien la peine, vu leur état. À l’extérieur, le vent et la pluie redoublent encore de violence. Je songe d’un coup que si d’autres sont encore dans le grand bain… ils n’ont guère de chance d’en réchapper. Celui qui gît là, chez moi, en garde une. Bien mince tout de même… mais tant qu’il y a de la vie… l’espoir demeure. Et puis, il a l’air solide mon loustic. Il est très musclé, d’après ce que je viens de voir ...