1. D'ambre et d'écume


    Datte: 26/10/2023, Catégories: fh, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... et moi bascule dans une autre dimension. Pas parce que je suis amoureuse, évidemment que non. Bien plus certainement parce que le désir remonte du tréfonds de moi, comme une maladie honteuse. Trop longtemps caché, ce serpent du vice refait surface, à la première tentation. Je réalise aussi que je ne connais pas seulement le prénom de ce gars que j’héberge. Et combien c’est difficile de trouver des mots, des signes pour que nous nous accordions, nous nous comprenions ! Lui poser la question abruptement ne mènerait à pas grand-chose. Il me faut trouver un moyen d’entrer en contact avec mon étranger.
    
    Un prénom, c’est déjà être un peu plus proche de mon visiteur, du moins c’est ce qu’il me semble à cet instant. Donc… je le regarde et il fait de même. Je me touche la poitrine et, d’une voix chevrotante, je lui lance doucement :
    
    — Amandine… moi Amandine.
    — Oh ? Ah ! Yes… Ilian… Ilian !
    
    Par deux fois, son doigt prend contact avec la place de son cœur. Ilian… bon, c’est déjà une avancée significative ou non, mais un pas en avant vers l’autre. Il boit le breuvage que je viens de lui servir. Il y a encore une nouvelle étincelle dans ses yeux. Un merci muet qui jaillit de chaque pore de sa peau… C’est idiot ! Je ressens un tel élan de tendresse pour ce bonhomme. Quelques jours plus tôt, je n’avais pas seulement conscience qu’il existait. Alors pourquoi là, soudain, il me donne un coup de chaleur ? Il me jette de fréquents coups d’œil. A-t-il compris que la promiscuité me ...
    ... fait divaguer ?
    
    Je tremble sans oser bouger lorsqu’il se relève. La main qui sort de la couvrante s’approche de mon visage. Elle me frôle la joue et dessine les contours de mon nez. Je me sens… sur un nuage. Le vent ne souffle plus. Je ne vis plus là, je suis en transe. Les doigts jouent avec une mèche de mes tifs qui tombe sur mon front. C’est d’une douceur impossible à décrire. Je suis prise à mon propre piège. Plus aucune maîtrise de rien de ce moment où je sais, je sens que tout va trop vite, trop loin. Tout bascule sans que j’éprouve le moindre remord. Pas de regret non plus de laisser faire cette patte si tendre, tout droit sortie de l’enfer d’un océan.
    
    Elle lisse ma nuque, agissant sans but, errante et capricieuse. Je suis subjuguée par ces attouchements si forts, si violemment espérés. Le gars me caresse sur le tissu de mes vêtements, pour mieux m’effeuiller quelques minutes plus tard. Quant à lui ? Il ne fait qu’un geste pour lâcher ce qui lui couvre le corps. La petite chose aperçue un peu plus tôt n’est plus aussi sibylline. Pour être franche, elle a pris un certain volume. Pas celui démesuré que l’on prête parfois aux hommes d’ailleurs. Non, des proportions raisonnables pour une femme « normale ».
    
    C’est bel et bien de ma propre initiative que nous gagnons le canapé toujours ouvert. Et là, il me remercie d’une telle manière que je ne peux qu’implorer le ciel pour qu’elle dure le plus de temps possible. Nous revenons sur le matelas dans des postures que la ...
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