-
Nos plus belles étoiles
Datte: 22/02/2023, Catégories: fh, couple, bateau, amour, tutu, lettre, lettres, Auteur: Amarcord, Source: Revebebe
... négociable. Depuis quelques années, nous ne vivons plus au centre-ville, après avoir longuement pesé le pour et le contre. Et c’est vrai que le toit ultime pour m’emmener au septième ciel reste urbain, il ajoute à l’expérience quelque chose de clandestin, il l’enveloppe des ronflements de la ville en demi-sommeil, parfois traversés par le miaulement d’une sirène. Mais de toute façon, ce toit-là ne nous était qu’exceptionnellement accessible, celui-ci l’est à volonté quand les nuits sont aussi brûlantes que nos sens. Nous y avons assemblé quelques palettes en guise de sommier, qu’il n’y a plus qu’à couvrir d’un matelas, d’une paire de draps frais, et tant pis pour la moustiquaire : nos plus jolis combats méritent bien quelques blessures. J’aime les voyages, le dépaysement, traverser d’autres paysages et entendre des langues qui ne sont pas la mienne, avec pour plus précieux bagage celui avec qui partager ces bonheurs-là. Mais la plus érotique de mes destinations n’est pas obligatoirement exotique. Regarde le magnifique album de ce photographe parisien* : voilà un décor qui m’inspire davantage de pensées coupables que la plage aux cocotiers. Tu y trouveras tout : les forêts d’antennes et les cheminées de fées, les plus fiers monuments qu’on ose désormais tutoyer, des puits de lumière d’où l’on peut être à la fois impudiques et indiscrets, et toute la magie d’une ville comme une ...
... maquette aux maisons de poupées, pour y jouer ensemble dans toutes les positions, les aériennes, les alanguies, les verticales, jusqu’au muret qui appelle la levrette. ⁂ La nuit tombe sur le toit et tout devient plus intime. Elle nous pousse à murmurer les mots et les choisir avec soin, pour qu’ils soient rares, parfois tendres et parfois crus, pour que tout se fonde dans l’obscurité de nos désirs inavouables, pour que tout soit permis et rien ne soit trivial, que j’y sois ta princesse ou ta pute, que tu sois mon tendre bourreau ou mon captif amoureux, peu importe, tant que nous goûtons sous ce décor éternel l’illusion fusionnelle de l’être aussi. C’est bien à toi que j’adresse ce petit texte somnambule, comme un préliminaire de papier, une prière profane. Vivement que reviennent les chaudes nuits d’été sur le toit, mon amour, celles où tu me déposes nue sur le matelas, comme si tu offrais mon cul en sacrifice à des dieux obscurs. Celles où les grillons se déchaînent, telle une armée de voyeurs excités par nos caresses et nos audaces. Qu’allongée sur le dos, je m’ouvre sous la lune aux marées de ton corps, pour que s’accomplisse le mystère du plaisir, pour qu’il aille du frisson à la fièvre, jusqu’à ce qu’emportée par les mouvements toujours plus sauvages de ta queue dans mon con, je jouisse les yeux perdus dans les étoiles. *https://www.alaincornu.com/art/sur-paris/