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Nos plus belles étoiles
Datte: 22/02/2023, Catégories: fh, couple, bateau, amour, tutu, lettre, lettres, Auteur: Amarcord, Source: Revebebe
Mon toi, mon tout, mon amour d’homme, Tu m’écris souvent, je ne le fais jamais, comme si vivre sous le même toit et dormir dans le même lit me dispensaient de te donner de mes nouvelles, du plus loin de mes pudeurs stupides, du plus profond de l’amour que je te porte, pourtant. Comme si de nouvelles caresses ne méritaient pas de te surprendre ou te chatouiller, du bout d’une plume tendre ou coquine. Tu es ma boussole, mais aussi mon baromètre amoureux. Voilà des mois qu’il est un peu maussade : mes humeurs sont parfois en phase avec la lune, les tiennes sont sensibles à la météo. Ce n’est pas tant que tu haïsses le froid ou la pluie, c’est que tu détestes qu’ils s’invitent hors saison. Toi qui es volontiers bordélique, tu voudrais pour une fois que tout soit parfaitement rangé dans le calendrier de nos amours, et que rien ne perturbe l’azur dont tu rêverais qu’il nous couvre à présent. La lumière et la chaleur te manquent d’autant plus que les nuages s’accumulent sur tous les fronts. Tes soucis, tes doutes, ton travail, l’épuisement qui te guette à force d’accumuler leur charge, les jours qui défilent tous pareils, sans contraste, uniformément laborieux, gris et pluvieux ; on en perd le cap, on se contamine à l’immobilité si pesante. Ce n’est même pas la mélancolie, la tienne est douce et te va si bien, elle chante sur des accords sucrés-salés de bossa-nova, elle nous couvre et nous réchauffe de ta tendresse et ta bienveillance, elle me murmure ton désir, avec juste ce ...
... zeste d’amertume dans nos mélanges amoureux, comme si tu redoutais que tout s’érode sous les gouttes, même mes regards, même mes baisers, quand les tiens sont si avides de se poser sur moi tout en craignant de s’imposer, de n’être pas invités, d’être encombrants. Et puis l’été qui tarde toujours, et puis la pluie qui tombe encore, qui mouille tout de désenchantement. Tu dépéris, je te vois bouffé par l’impatience, je te vois seul, ténébreux, inconsolé, presque veuf, mon doux Prince d’Aquitaine à la Tour abolie, mon bel amour frigorifié. Moi qui suis si frileuse, je l’espère aussi, cette chaleur estivale, je l’attends de pied ferme, je voudrais qu’elle accompagne enfin tes doigts sur mon épiderme, mais elle n’est hélas toujours pas au rendez-vous ce 10 juillet. Rejoins-moi, serre-moi dans tes bras, que je te rassure, que je te prouve combien j’ai besoin de ta peau contre la mienne par tous les temps. Je ne vais pas pour autant te réciter nos quatre saisons du sexe en boucle, comme la musique d’attente au service clientèle de la banque. J’ai pourtant fait provision de souvenirs pour tracer chacun de leurs mouvements sur la partition. Rappelle-toi, nous les avons fait chanter à l’unisson, nos jeux amoureux sous l’averse, nos brûlantes étreintes enneigées, et même ce parfum de feuilles mortes et de mousse, coussin improvisé pour mes fesses nues dans un sous-bois, un jour que tu me voulus biche aux abois et que tu te fis chasseur au cœur tendre. Pour parler de sexe et ...