1. Nos plus belles étoiles


    Datte: 22/02/2023, Catégories: fh, couple, bateau, amour, tutu, lettre, lettres, Auteur: Amarcord, Source: Revebebe

    ... nous toute la nuit, et à perte de vue les lumières de la ville pour illuminer nos émotions.
    
    ⁂
    
    Bien sûr, il n’est pas toujours nécessaire de grimper si haut pour s’aimer à la belle étoile, mais laisse-moi te prouver que rien ne surpasse nos amours faîtières.
    
    Dormir sur la plage ? Je l’ai fait à 21 ans sur une île espagnole avec un groupe de copains et copines, et ça ne m’a pas davantage stimulé la libido qu’en plein jour. D’abord, j’y étais cette fois-là en célibataire. Ensuite, la soi-disant douce petite brise marine ne tardait pas à vous faire frissonner, vous obligeant à vous envelopper dans votre sac à viande comme une momie. Et puis l’endroit n’était pas très rassurant, puisque notoirement pas toujours bien fréquenté la nuit. Je me souviens avoir mentalement maudit, à chaque réveil nocturne, celui d’entre nous qui avait eu cette idée néo-baba à la con. Probablement le même que celui qui avait suggéré de faire précéder le sommeil du sacro-saint bain de minuit, une motion plébiscitée avec d’autant plus d’enthousiasme par les garçons qu’elle leur fournissait une bonne occasion de nous mater à poil.
    
    Le pis-aller du lit d’amour à l’extérieur, c’est le camping. Quand il est sauvage, il est rarement licite. Quand il est aligné en parcelles, il n’est pas très intime. Et puis dormir avec un amoureux sous la tente n’est pas très convaincant : non seulement y est-on privée du confort, mais on a l’impression de baiser non pas avec, mais dans la capote. Je ne me ...
    ... prononcerai pas sur les caravanes, je n’y ai jamais logé. Mais il y flotte une odeur de plastique que je trouve oppressante. C’est un peu la même que j’ai retrouvée dans la cabine étroite de ce voilier sur lequel nous avons navigué il y a quelques années, à l’invitation de ton beau-frère et de ta sœur. Un magnifique 40 pieds qu’ils avaient loué avec deux de leurs copains férus de voile.
    
    Le bateau était bien équipé et plutôt confortable, mais quand vint la nuit, et que je me blottis contre toi dans notre cabine exiguë, loin de me sentir protégée dans ce cocon amoureux, j’y gigotai nerveusement, comme un poisson pris à l’hameçon panique hors de son élément.
    
    Rien à faire : dès que vient l’été, j’ai le sommeil et la libido claustrophobes. Aussi, en tâchant d’être silencieux, nous avons déplacé la galette du matelas jusque sur le pont, et celui-ci avait beau ne surplomber que de peu la surface des flots, j’avoue qu’il formait pour moi bel et bien un toit, et un toit magnifique. Nous nous sommes allongés sur la plage avant, nous y avons goûté en silence cette émotion familière. Nous avons été sages, un peu trop à ton goût, peut-être. Je me suis réveillée tôt, très tôt, une lueur commençait à peine à manger l’horizon, et tu me regardais déjà en silence, un coude posé sur le pont pour soutenir ton visage tourné vers le mien. Un réveil de Belle au bois dormant, et bien sûr le prince chercha son baiser. Le premier fut tout doux, tu en réclamas un plus fiévreux, c’était sans compter sur mon ...
«1...345...»