1. Beau-Fils (1)


    Datte: 28/11/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Jane Does, Source: Xstory

    ... situation, et c’était moi, l’adulte, qui tremblait de partout. Cette trouille qu’un mot échappât à ce fils de retour me paralysait.
    
    À tel point que je dus me reprendre rapidement sous peine de me montrer tellement paniquée que ça en deviendrait louche. Nous avons alors déjeuné avec au-dessus de ma tête cette épée de Damoclès en suspens. Mais les deux hommes parlaient de choses lointaines, d’un passé dans lequel je n’entrais pas. L’heure de repartir au travail arriva trop rapidement à mon goût, et le baiser d’Antoine sur le bout de mes lèvres avait un relent de désespoir.
    
    Dans mon dos, la reproduction en chair et en os de celui qui posait sa bouche sur la mienne laissait traîner sur mes reins ses yeux chauds. Son père, emporté par l’élan de sa joie de revoir sa progéniture, n’a pas tiqué. Il ne s’est vraisemblablement rendu compte, fort heureusement, de rien. Loïc et moi de nouveau dans la cuisine, je ne savais comment me contenir.
    
    — Je suis content de vous connaître, Léa. Et papa est amoureux, ça se sent, ça se voit aussi.
    
    — S’il vous plaît ! Vous voulez bien ne pas revenir sur le sujet ?
    
    — Pourquoi ? C’était si déplaisant de faire l’amour avec moi ?
    
    — Vous appelez ça faire l’amour ? Nous avons baisé une fois, et c’était une grossière erreur. Elle ne doit jamais faire souffrir Antoine ni se renouveler.
    
    — C’est drôle ! J’ai l’impression que vous en parlez pour exorciser la chose ! Je suis un si mauvais amant qu’il vous faille à tout prix évacuer ce moment ...
    ... de tendresse ?
    
    — Arrêtez ! Bon sang, je ne sais pas comment vous faire comprendre que je n’aurais jamais dû... céder à vos avances. Je regrette ce qui s’est passé, et je ne tiens absolument pas à ce que mon mari en souffre.
    
    — Vous pensez à ma souffrance à moi ? Vous ne pouvez pas imaginer une petite minute que je puisse... être tombé amoureux de vous ? Vous êtes la plus belle femme qu’il m’ait été donné de voir et de tenir dans mes bras.
    
    — ... ? Vous êtes fou ? Ma parole, vous êtes fou !
    
    — Vous pouvez tout à fait comprendre que mon père soit fou amoureux de vous, qu’il ait envie de votre corps, qu’il vous couvre de baisers, mais que son fils, finalement la chair de sa chair, soit dans un même état vous paraît donc irréalisable ? Pourtant nous sommes du même bois, du même sang, et ça me paraît logique, finalement.
    
    — Taisez-vous ! S’il vous plaît... nous, nous n’avons pas le droit de songer à pareille mésaventure. Ce n’est tout bonnement pas viable, pas vivable. Vous êtes... son fils ! Vous ne pouvez pas aimer une femme qui pourrait être votre mère.
    
    — La différence réside bien là ! Vous ne l’êtes pas, ne le serez jamais, et il n’existe aucun lien de sang, pas d’attaches qui nous interdisent de nous aimer. L’âge n’a rien à faire dans cette histoire. Mon père vous aime, et je sais que ça peut vous paraître absurde, mais moi aussi je suis amoureux de vous. Vous êtes sa femme, pas ma mère, et personne n’appartient à personne. Il n’y a aucune loi qui nous condamne ...
«12...5678»