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Là où se cache le diable
Datte: 18/11/2022, Catégories: fh, collection, jalousie, confession, rencontre, Auteur: Volnay-a, Source: Revebebe
... démangeaisons. Un examen rapide me fit découvrir que j’étais la victime d’une invasion de ces parasites que la médecine appelle poux du pubis, et le reste du monde : des morpions. Enfant, il m’était arrivé d’avoir des poux. On peut me trouver ridicule, mais j’avais conservé de cette époque une horreur presque maladive de ces parasites et de tout ce qui pouvait leur ressembler. C’est pourquoi, quand je me vis envahi par leurs cousins, je me précipitai à la pharmacie la plus proche où une préparatrice me vendit une lotion dont elle eut la cruauté de m’infliger le mode d’emploi à haute et intelligible voix. Je tentais de faire bonne figure en ignorant les regards amusés ou réprobateurs des personnes présentes. Décidée à ne rien m’épargner, au moment où je la payais, elle me recommanda, toujours aussi haut pour que nul n’en ignore, d’aller chez le droguiste voisin acheter un insecticide qu’elle me nomma et de ne pas manquer de porter mes draps, vêtements et sous-vêtements au pressing pour nettoyage et désinfection. Après avoir quitté la pharmacie aussi honteux et confus qu’on puisse l’être, je suivis à la lettre les prescriptions de la préparatrice. Je m’en trouvais bien puisque la lotion, l’insecticide et le pressing s’étant montrés efficaces en quarante-huit heures je fus débarrassé de mes hôtes indésirables et avec eux de mes hésitations sur ma relation avec Anne. Si elle ...
... avait d’autres amants, elle était alors ma seule partenaire. Je lui devais donc ce triste présent, il me dégoûta d’elle définitivement. La fin de l’année scolaire approchait. Je prétextais des examens et leur préparation pour cesser de fréquenter mes amis, puis je quittais Paris pour deux mois. Quand je revins, une des premières personnes que je croisais fut Françoise. J’appris d’elle qu’Anne avait quitté la capitale pour continuer ses études de médecine à Montpellier, et qu’elle venait de lui écrire pour lui donner sa nouvelle adresse et son numéro de téléphone en lui demandant de me les communiquer aussitôt que je referai surface. Je notai ces renseignements sur mon agenda. Mais, pour être certain de n’être pas tenté de les utiliser, dès que nous nous fûmes séparés, je déchirai la feuille et la jetai dans la première poubelle. Mais la mémoire peut jouer la folle du logis avec autant de talent que l’imagination. Pendant des mois, au moment où je croyais y songer le moins, ressurgissaient les souvenirs des moments de plaisir vécus avec Anne et je me prenais à regretter mon geste. Fort heureusement très vite je me rappelais la fin de l’histoire et j’abandonnais toute idée de renouer avec elle. Puis ces moments se sont espacés et ont fini par disparaître… Si vous ne m’aviez pas obligé à fouiller dans mon passé, ils y seraient restés, elle, ses amants, ses principes et ses morpions.