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Là où se cache le diable
Datte: 18/11/2022, Catégories: fh, collection, jalousie, confession, rencontre, Auteur: Volnay-a, Source: Revebebe
... en changeant de partenaire quand l’occasion s’en présentait. D’ailleurs n’avais-je pas dit à Françoise que je partageais ces idées ? J’admis qu’en effet j’avais tenu les propos que lui avait rapportés son amie, mais, mentis-je, je ne lui en avais pas voulu d’avoir couché avec Pascal. C’était son droit. Elle avait eu raison de l’exercer. Simplement, et je m’enfonçais encore un peu plus dans le mensonge, ce qui m’avait froissé c’était son manque de confiance : pourquoi ne m’avoir rien dit d’un désir que j’aurais parfaitement compris ? Cette conversation se poursuivit pendant une grande demi-heure à la fin de laquelle, après nous être promis de nous conduire en femme et en homme de progrès, débarrassés des préjugés de classe et résolus à n’obéir qu’aux voix conjointes de la Nature et de la Raison, nous scellâmes cet engagement de la plus agréable façon qui soit. Il ne me fallut pas deux jours pour reconnaître que les raisonnements spécieux et les lieux communs que j’avais alignés sans sourciller pour aboutir à cette promesse grandiloquente n’avaient qu’un but : me permettre de refaire l’amour avec Anne. En même temps, je me persuadais que le vif plaisir que j’y avais pris justifiait une hypocrisie que je me pardonnais aisément en me disant que, puisque nous trouvions tous deux notre bonheur, dans cette relation, le mieux était de profiter de l’instant sans s’embarrasser de considérations oiseuses. Je n’eus donc pas à trop me forcer pour faire bonne figure quand elle ...
... m’informa qu’elle allait passer un week-end entier avec un de nos camarades ou qu’elle consacrerait sa prochaine soirée à une autre de nos connaissances. Mais, enhardie par mon apparente indifférence, elle commença à entrer dans des détails dont la connaissance eut pour résultat de me faire comprendre que je n’étais décidément pas fait pour le polyamour. Son habitude de s’étendre sur les diverses qualités de ses partenaires me donnait la pénible impression de n’être qu’un objet, certes utile à son plaisir, mais assez peu original puisqu’il était interchangeable. Je me méprisais d’accepter de n’être pour elle rien d’autre qu’un godemichet un peu perfectionné. À force de ressasser ces idées, j’arrivais à la conclusion qu’il fallait mettre un terme net et définitif à notre liaison. Cependant, je tergiversais. Quand j’étais seul au lycée ou dans ma chambre, je me jurai de saisir la première occasion pour lancer une tirade à base marxiste-léniniste dont la conclusion serait qu’il fallait nous séparer. Mais, aussitôt que nous nous retrouvions, les sens reprenaient leur empire, j’oubliais mes résolutions et je repoussais à une date à la fois ultérieure et très imprécise la scène de notre rupture. Celle-ci n’eut d’ailleurs pas lieu, ou plutôt elle n’eut rien à voir avec ce que j’avais imaginé et tout avec un de ces détails sordides où l’on dit que le diable se cache. Quatre ou cinq jours après avoir passé avec elle une nuit assez ébouriffante, je me réveillai en proie à de fortes ...