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Boudu
Datte: 09/10/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Jane Does, Source: Xstory
... fesses. Il enjambait déjà le bord de la baignoire pour tremper son corps dans la mousse qui recouvrait l’eau. Le mitigeur ne coulait plus. Il disparaissait alors complètement sous la couche cotonneuse pour ressurgir quelques instants après, la tête dégoulinante de flotte. Je restais là, sans trop savoir sur quel pied danser. Il était temps pour moi de retourner à ma cuisine. Et cette histoire me chamboulait l’esprit. Depuis le départ de Pierre, je n’avais eu qu’une seule soirée avec un homme. Rencontre de hasard, dans un hôtel, juste parce que mon corps réclamait trop. Une partie de nuit aussi décevante que plate. Comment aimer des choses insipides faites plus par besoin que par envie ? Je ne reprochais rien à cet amant éphémère. Non ! C’était à moi que j’en voulais d’avoir cédé à une pulsion toute féminine sans pour cela m’offrir vraiment à cet homme. Un fiasco total pour lui comme pour moi. Et l’amertume de savoir aussi que le sexe chez moi ne pouvait être dissocié de l’amour de l’autre. Et là, depuis bien longtemps, un type faisait ses ablutions dans ma salle de bain. Un homme qui n’avait pas hésité, enfin pas trop, à se mettre à poil alors qu’il me savait le regarder. Et alors que je finissais de retourner dans ma cocotte mon rôti, j’entendais ce Daniel chantonner. Signe qu’il se sentait à l’aise ? Un petit bonheur tout bête qu’une bonne trempette ? En tout cas, il paraissait reprendre gout à la vie. Je venais de finir de disposer les couverts lorsque dans ...
... l’encadrement de la porte, la silhouette de Daniel attirait mes regards. Le visage blanc nu, emmailloté dans la sortie de bain en éponge de Pierre, il se tenait à trois pas de moi. À la main, il tenait un kleenex dans lequel il avait rassemblé ses poils de barbe. — Vous avez une poubelle ? Je ne voulais pas les laisser dans le lavabo. — Oui, là ! J’ouvrais le bas du meuble sous l’évier. Sa main frôlait alors ma cuisse pour mettre dans le seau destiné à être jeté, son fardeau. La peau de son visage dénotait avec le bronzage de son front. Mais il n’avait plus l’air d’un homme âgé. Son passage dans l’eau le faisait revenir à une humanité cachée par la crasse de la rue. Daniel recouvrait une existence que la précarité lui enlevait. Il suffisait de peu de chose pour lui rendre sa dignité. Mais moi, ce qui me frappait le plus, c’était seulement de revoir ce peignoir «habité ». Un peu comme si mon Pierre ressuscitait. Un vrai choc dans mon esprit ! — oOo — Notre repas pour simple qu’il fut lui donnait un appétit féroce. Il devait passer une bonne soirée, mais surtout, il était au sec et au chaud. Il reprenait deux fois de l’entrée «œuf-thon-mayonnaise » et puis je lui servais une grosse tranche de ce rôti qui devait me faire trois repas. Tant pis ! Cet homme semblait si heureux d’être invité. Dans ses yeux qui brillaient, je lisais une reconnaissance infinie. D’ailleurs ses paroles suivantes confirmaient ce que je pressentais. — Ça fait si longtemps que je n’ai pas fait ...