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Chroniques pénitentiaires d'une rebelle 5
Datte: 10/09/2022, Catégories: Entre-nous, Les femmes, Auteur: Sappho, Source: Hds
... Laval me tournait autour avant ton arrivée, alors je te devais ça. – Merci quand même. – Tu... Merde ! Elle a voulu m’embrasser, là, avec la langue, c’est pousser la gratitude un peu loin. Coucher avec moi pour me remercier d’avoir sauvé son petit cul des griffes de Laval, je ne comprends rien. – Je peux être ta femme. Catastrophe ! J’aurais vraiment dû me faire toute petite ce matin au lieu de jouer les dures en public. Christelle m’a expliqué quelques coutumes de la vie en taule, dans une communauté aux règles strictes. Par exemple, le « mariage » n’a rien à voir avec les sentiments, c’est un contrat moral passé entre deux détenues. En cas d’accord, Margaux deviendra ma propriété, personne ne lui manquera plus de respect jusqu’à ce que j’abandonne mes droits sur elle, volontairement ou non. Une certaine tranquillité en échange de faveurs sexuelles, tu parles d’une tradition. – Laisse tomber, tu ne me dois rien. Les grands yeux bleus humides disent le contraire. La blonde cherche une protection à n’importe quel prix. – Je ne te plais pas ? – Tu es mignonne, mais... Après deux mois derrière les barreaux en comptant la préventive, mon opinion sur le milieu carcéral a radicalement changé, en particulier depuis mon arrivé ici. Tout est à relativiser, comme le sexe qui sert à tisser des liens indispensables dans un lieu aussi déshumanisé qu’un pénitencier. Inutile de vouloir y échapper ou de s’interdire d’adopter ce comportement, ici la baise ...
... permet de passer le temps, d’obtenir une faveur, de se raccrocher à un semblant d’humanité, de contrecarrer ses peurs, de fuir la réalité de l’incarcération le temps d’une étreinte. J’y pense dès que l’inaction me pèse, donc très souvent, plusieurs fois par jour ; malheureusement, la masturbation me satisfait de moins en moins. Pourquoi me branler dans mon coin quand on peut s’arranger entre nous. Entre femmes ? Un détail qu’il faut savoir dédramatiser vu le contexte, ce n’est pas comme si j’avais le choix. Margaux est plutôt jolie, elle en a envie, je n’ai rien de mieux à faire, alors une partie de jambes en l’air peut se concevoir, à condition qu’elle ne parle pas d’une relation suivie encore moins de « mariage ». – D’accord, rien qu’une fois, après tu dégages. J’ai pensé que ce viendrait facilement, surtout avec les efforts manifestes de Margaux pour me mettre en condition, à croire qu’elle en avait vraiment envie. Grosse erreur, je suis trop niaise en ce qui concerne le comportement à adopter dans l’intimité ; alors entre nanas, inutile d’y penser. Ce n’est pas évident pour moi d’avoir un rôle actif au pieu, je me contentait d’écarter les cuisses avec les mecs, ou de faire ce qu’on me disait, la plupart n’attendaient rien d’autre. On a décidé de rester bonnes copines, une piètre consolation. N’empêche que la frustration me tape sur les nerfs, Christelle s’en amuse au retour du réfectoire. – Tu devrais prendre une douche. – Déjà fait. – Pauvre chérie, tu n’as ...