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« Matrone et Domina, une patricienne hypersexuelle dans la Rome impériale » (1) : l’éducation de Tullia
Datte: 01/09/2022, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds
... Tullia embrassa Lucia sur la bouche. Elle savait, par ses lectures, que c’était un signe d’amour et, en effet, elle aimait Lucia. Lucia était devenue une jolie petite brune. A la différence de Tullia, enfermée comme toutes les futures matrones, Lucia, du fait de sa condition, était libre de ses mouvements. La brune avait un point commun avec la blonde patricienne. Pour dire les choses crûment, comme sa maîtresse, elle avait le feu au cul. Lucia, peu après qu’elle fut devenue nubile, se mit en chasse et perdit son pucelage. Ce fut pour elle une révélation et elle y prit goût, renouvelant les rencontres et devenant, en peu de temps, une experte de la chose amoureuse. Il lui fallait cependant être prudente et ne pas tomber enceinte. Lucia savait que Marcus serait impitoyable et que les supplications de Tullia n’y changeraient rien : elle serait vendue ou, en tout cas, chassée de la maison de façon ignominieuse et ne reverrait plus celle qu’elle adorait. De son côté, Tullia ne voyait plus Lucia comme une grande sœur, encore moins comme son esclave. Tullia, qui lisait et parlait le Grec parfaitement, avait adoré les textes de la grande poétesse de Mytilène, Sappho (lire à ce sujet « Histoire des libertines (1) : Introduction et Sappho la poétesse de Lesbos. », publié le 14 août 2017) et n’ignorait donc rien, sur le plan théorique, des pratiques de Sappho avec ses disciples. Si Tullia rêvait de mâles vigoureux et pour le moment inaccessibles, elle comprit ...
... qu’elle avait aussi envie de Lucia et se rendit compte que celle-ci ne la regardait plus non plus comme une sœur, mais comme une femme. Tullia comprit qu’étant la maîtresse, il lui appartenait de prendre l’initiative. L’occasion en fut fournie par Lucia. Elle ne put longtemps cacher à Tullia les raisons de ses longues escapades et ce qu’elle y faisait. Tullia, jalouse, poussa Lucia à tout lui raconter, dans le moindre détail. • De plus en plus souvent, tu es absente le soir, tu sors, sans mon accord et celui de ton maître. Tu rentres tard, sans explications, en ayant l’air complètement épuisée. Tu t’endors immédiatement dans mes bras, alors que moi j’ai besoin de te parler, j’ai envie de ta tendresse, de tes baisers. Je veux savoir ! Parle, sinon je me plains à mon père et tu sais qu’elle sera ton sort : tu seras vendue ! Lucia fondit en larmes et se jeta aux pieds de sa maîtresse, entourant de ses bras les jambes de Tullia : • Tu ne m’aimes plus ! En regardant avec intensité Lucia dans les yeux, Tullia se mit alors à déclamer par cœur « Ode à une femme aimée », le magnifique poème de Sappho : « L’homme fortuné qu’enivre ta présence Me semble l’égal des Dieux, car il entend Ruisseler ton rire et rêver ton silence, Et moi, sanglotant, Je frissonne toute, et ma langue est brisée : Subtile, une flamme a traversé ma chair, Et ma sueur coule ainsi que la rosée Apre de la mer ; Un bourdonnement remplit de bruits d’orage Mes oreilles, car je ...