1. « Matrone et Domina, une patricienne hypersexuelle dans la Rome impériale » (1) : l’éducation de Tullia


    Datte: 01/09/2022, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... infamante de « stuprum », qui est, chez les Romains, la souillure provoquée par des rapports charnels illégitimes.
    
    En raison de l'accent mis sur la famille dans une société patriarcale, la sexualité féminine à Rome est vue comme une base de l'ordre social et de la prospérité. Les citoyennes se doivent d'avoir une sexualité dans le mariage et sont honorées pour leur intégrité sexuelle (pudicitia) et leur fécondité.
    
    Les femmes libres qui s'affichent sexuellement, comme les prostituées et les artistes, ou qui se rendent disponibles indistinctement, n'ont plus de protections légales et perdent leur respectabilité sociale. Devenue veuve et dans l’impossibilité de retourner chez son père, décédé entre temps, Tullia échappera à cette stigmatisation.
    
    PORTRAIT D’UNE BELLE PATRICIENNE
    
    Marcus Tullius Longus sait qu’il vit la fin d’un monde, annoncée depuis que la République sénatoriale a laissé la place à l’Empire et aux Césars. Il lui reste de porter un nom illustre et une position sociale qu’il assume de plus en plus difficilement, en vendant peu à peu tout ce qu’il possède. Les Dieux ont annoncé la fin de sa lignée, en lui refusant un fils, malgré trois mariages. Le seul trésor qu’il possède est sa fille, Tullia, sa fierté, son orgueil, un cadeau du ciel que lui a laissé sur le tard Terentia, sa dernière épouse, morte en couches en donnant naissance à la petite fille.
    
    Marcus aura mis les moyens qui lui restent à assurer la meilleure éducation à Tullia. En tant que ...
    ... femme, elle ne peut évidemment prétendre lui succéder au Sénat ou mener une carrière politique et militaire. Mais pour le reste, il l’aura instruite comme il l’aurait fait d’un fils. Philosophie, rhétorique, histoire, mathématiques, Tullia se montre une élève brillante, d’une grande intelligence et d’une volonté inflexible. Elle maîtrise également parfaitement le Grec, Marcus s’étant ruiné à faire venir les meilleurs précepteurs. Marcus est fier de lui transmettre son savoir, l’histoire de leur gens, l’orgueil d’être une Romaine et une patricienne.
    
    Veuf depuis la naissance de Tullia, Marcus ne peut cependant que constater que sa merveille, qui va sur ses 16 ans, est devenue une jolie femme qui personnifie la beauté romaine.
    
    Fidèle aux traditions romaines, Marcus veille à cacher ce trésor. Il est intransigeant sur ce point : en future matrone, Tullia couvre son corps d’une longue tunique, symbolisant sa dignité, la «stola ». Lorsqu’elle sort, toujours accompagnée d’une servante, la fidèle Valeria, qui répond d’elle devant son maître, Tullia se couvrait d’un manteau, la « palla » et ne laisse à nu que son visage.
    
    Les lecteurs Premium auront le privilège de découvrir une photo libre de droit que j’ai demandée à HDS de publier pour illustrer ce chapitre. Elle représente bien la façon dont je vois Tullia et cette beauté que Marcus découvrait, lui qui allait être contraint de vendre son dernier, son seul trésor, pour éviter à lui, le dernier des Tullii, la honte de la ...
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