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Chroniques pénitentiaires d'une rebelle 2
Datte: 17/08/2022, Catégories: Entre-nous, Les femmes, Auteur: Sappho, Source: Hds
... toutes les surveillantes ne sont pas des peaux de vache, certaines se montrent compréhensives, humaines. Reconnaissantes des faveurs sexuelles accordées en échange de privilèges ? Très peu pour moi. – À défaut de tenue d’intérieur, on prend l’habitude d’être à poil après douze ans derrière les barreaux. Un degré minimal de confiance instauré, je l’imite ; j’aurais moi aussi changé de fringues en rentrant de la fac. On peut s’inventer un semblant de vie normale en cellule, ou on le doit, à condition de faire abstraction des caméras. La Ligue des droits de l’Homme n’aurait jamais toléré ça avant, l’association crée en 1898 n’existe plus que sur le papier pour rassurer les Nations Unies ; quant à la fameuse Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, c’est devenu un mythe que certains aimeraient bien voir retiré des programmes de l’histoire de France, comme l’esclavage ou la collaboration sous Vichy. – Pas trop douloureux ? Il y a parfois des réactions au vaccin. Christelle s’installe près de moi sur ma couchette, son regard s’attarde sur mon bras gauche. Après coup, le souvenir de la tignasse rousse entre les cuisses de la toubib vaut une légère démangeaison. – Il s’en passe de belles à l’infirmerie. – Ah ! tu as eu droit au spectacle de bienvenue, c’était déjà la coutume à mon arrivée. Pas trop choquée ? Réflexion faite, la scène m’a émoustillée davantage que je l’aurais voulu, malgré le contexte fortement déplaisant. – Non. Tu la connais la ...
... rouquine ? – Une vraie gouine, celle-là, pas comme la plupart qui se font du bien pour tromper la solitude. Elle a réussi à se faire embaucher à l’infirmerie, tu devines comment. – Certainement pas pour ses talents d’aide-soignante. – Ça dépend de la plaie. Waouh ! jamais je n’aurai pensé éclater de rire au bout de deux jours seulement, c’est génial, tellement rassurant aussi. – Au fait, j’ai parlé à la surveillante en chef, tu passes dans mon équipe demain. Les journées seront plus courtes avec deux bras en plus. Calme ta joie, Louise, t’es filmée. Et merde ! Les matonnes veulent du spectacle ? Je vais leur en donner. Que les autres détenues aillent se faire mettre, rien ni personne ne m’empêchera de l’embrasser sur la joue. – Merci. – De rien, balbutie Christelle un peu sonnée. Sa réaction me pousse à montrer une certaine gratitude. Comment ? Oh merde ! Je ne vais pas coucher avec ma codétenue. Non, mais un effort s’impose. Tant pis, j’effleure les seins lourds d’une caresse timide. – Qu’est-ce que tu fais ? Je m’attendais à ressentir du dégoût, pas trop en réalité. Non, c’est seulement bizarre de me dire que je pelote une femme. – Je veux t’aider à... Christelle se dégage. – Laisse tomber, ma belle, sourit-elle charitable, je n’ai pas le feu aux fesses au point de me masturber tous les soirs. Tu nous mets un peu de musique ? Ouf ! Tu parles d’un soulagement. J’allume la télévision pour découvrir des vieux clips datant d’une dizaine ...