1. Fin d'amour sur le pont Mirabeau


    Datte: 12/08/2022, Catégories: fh, amour, nonéro, confession, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... tenait. Était-ce son port altier, son long cou et ses épaules dégagées, sa forte poitrine, sa taille fine, la puissance de son corps athlétique ? Je l’ignore encore, mais je fus vite gagné par le douloureux sentiment de jalousie. Car j’eus beau « veiller au grain », un couple ne vit pas collé l’un à l’autre vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et les nuages s’amoncelèrent sur notre idylle. Les premiers coups de canif dans le contrat de mariage furent autant de coups de poignard dans mon cœur, me laissant à son égard l’amertume du temple profané.
    
    Comme la vie est lente
    
    Et comme l’Espérance est violente
    
    Il me fallut des années pour comprendre qu’il n’y a de « coureurs de jupons » que parce qu’il y a des jupons à courir. À plusieurs reprises, je la pris en flagrant délit de provocation en règle. Les explications furent orageuses, les postures opposées. L’amour qui présidait à mon désir, toujours présent, se mua progressivement en une rage de reprendre possession de celle qui avait accepté d’être ma compagne pour la vie. Nos rapports physiques devinrent rugueux, elle s’en lassa rapidement. Sa complaisance muette se transforma en « dépêche-toi, je suis fatiguée », puis « je n’ai jamais rien ressenti avec toi » et enfin « je n’ai jamais rien éprouvé pour toi, tu étais juste quelqu’un qui pouvait me sortir de mon isolement… ».
    
    Je suis allé « voir ailleurs » pour me rassurer, confirmer que j’étais encore capable de séduire et de faire jouir une femme. Si je fus ...
    ... tranquillisé sur ces points, je lui en voulus de m’avoir contraint à la tromper, chose que je n’aurais jamais souhaité faire, je lui en voulus de nous réduire à l’état de « couple ordinaire », chacun ayant ses aventures de son côté. Tout cela finit par se savoir, bien sûr. Au grand dam de certains, sincères, au bonheur de beaucoup d’autres. Car dans notre entourage, les hommes qui avaient bavé pendant des années par leur envie retenue de la sauter ne se privèrent plus : elle était devenue une « femme facile », ils profitèrent de l’aubaine. Le vide se fit ainsi autour de nous, mes seules relations sociales étant celles du travail où en plus je lisais parfois de la compassion dans les regards. Terrible ! La vie commune devint impossible, pour moi tout au moins qui me sentais tiré vers le bas, plein de rancœur, de dégoût et d’incompréhension. Qu’avais-je fait pour mériter cela ? Osé aimer celle qui n’était pas faite pour moi ? Mais en fait, qui était-elle pour prétendre à beaucoup mieux ?
    
    Ni temps passé
    
    Ni les amours reviennent
    
    Je la regarde et elle continue de se peindre les ongles. Elle a levé une jambe et posé son pied sur le bord de la table. C’est vrai qu’en plein hiver il est important que les ongles des orteils soient peints ! Tout dépend si la dame se dévêt couramment hors de la maison… Nouveau haut-le-cœur. Dire qu’en d’autres temps une telle position m’aurait immédiatement fait partir à l’assaut, baïonnette au canon ! Mais désormais, mon sexe reste inerte dans sa ...
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