1. 39-45 : Travail obligatoire


    Datte: 28/06/2022, Catégories: fh, fplusag, campagne, amour, init, rencontre, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... auraient pu contenir du vin, avec des pièces de viande, selon les instructions de sa maîtresse : une couche de sel, une couche de viande et ainsi de suite jusqu’en haut. Ensuite on complète avec de l’eau. Tout y passa, même la graisse découpée en bardes fines. Tout le reste finit dans une grande bassine qu’ils placèrent, tout à la fin, sur la cuisinière. Quand la graisse fut fondue, ils la versèrent dans des jattes de terre cuite qu’ils laissèrent refroidir sur le bord de la fenêtre. Le liquide huileux cailla en une pâte blanche qui servait à cuisiner. Une partie servit à recouvrir les boudins pour les conserver quelques jours.
    
    La cuisine, malgré sa taille, était totalement encombrée par toutes ces productions et Jean se proposa de les descendre à la cave. Astrid lui fit ranger seulement trois ou quatre bocaux et l’emmena dans l’étable. À eux deux, ils déplacèrent les bottes de paille rangées le long du mur. Elles étaient posées sur une sorte de plancher qu’on aurait cru disposé là pour éviter que la paille ne prenne l’humidité du sol. En fait, ce plancher recouvrait une ancienne fosse où l’on récupérait l’eau des toits, avant que le puits ne soit creusé. Inutilisée depuis, elle allait reprendre du service, constituant une bonne cachette assez vaste et fraîche. Les amants y rangèrent leur trésor, Jean y rapporta même quelques stocks de légumes, de fruits et de vin. L’endroit avait peu de chance d’être trouvé à moins d’une fouille très minutieuse ou d’un coup du hasard, en ...
    ... revanche s’il était découvert ils perdaient tout d’un coup. Cela valait la peine d’être tenté, car la cave serait, elle, obligatoirement visitée.
    
    Quelques nuits plus tard, ayant à peine eu le temps de se reposer, c’est la vache qui vêla. Jean ne savait pas non plus comment cela se passait, mais heureusement Astrid était habituée. Elle fit ce qu’il fallait avec dextérité sous le regard admiratif de son amant. Un petit veau sortit, relativement malingre, faisant faire la grimace à l’éleveuse :
    
    — Il sera difficile de le garder, il paraît bien fragile…
    
    Mais la vache, après l’avoir léché un instant, se coucha de nouveau et reprit ses efforts.
    
    — Oh ! C’est qu’il y en a deux, s’écria Astrid !
    
    Elle se remit au travail, aidant sa vache de son mieux, tirant sur le veau de toutes ses forces, au risque de prendre un coup de sabot. Le second était un peu plus dodu, c’était un mâle, un taurillon.
    
    — Wunderbar, meine Liebe, nous aurons un taureau et nous pourrons faire la reproduction !
    
    Ils prirent bien soin des veaux, leur apprenant à téter cet affreux lait jaune, juste après le vêlage, qui leur est, paraît-il, indispensable. Le printemps tardait à venir, le ciel était perpétuellement couvert et les champs toujours boueux. Il fallut bien des précautions pour que Jean rapportât, poussés sous châssis exposé au sud et sur couche chaude de fumier de lapin, les premiers radis. Les premiers légumes frais de l’année, un petit bonheur. Parallèlement, les plants de salades, de ...
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