1. 39-45 : Travail obligatoire


    Datte: 28/06/2022, Catégories: fh, fplusag, campagne, amour, init, rencontre, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... arabesque, ce pied tendu bien cambré, et ces bras arqués si harmonieux, qu’il encouragea sa belle à continuer puis à… se mettre nue et de danser pour lui. Le divertissement coûta trois bûches dans le bureau et deux dans la chambre où ils finirent.
    
    Pour « faire la fête » au cochon, c’est pour cela que l’on appelle en campagne « la Saint cochon » ce jour de meurtre, le charcutier du village leur demanda d’attendre que les fêtes soient passées. N’ayant pas d’invités, ils n’y virent pas d’inconvénient, l’animal aurait simplement pris quelques kilos de plus. Avant le lever du jour, l’homme arriva discrètement à vélo, emmitouflé dans une parka sombre, le lundi suivant le premier janvier. C’était son jour de fermeture, il ne voulait pas attirer l’attention, ni sur les propriétaires du cochon, ni sur lui et son activité illicite. Astrid, habituée à cet exercice, avait tout préparé : quantité d’oignons et de sel, multiples gamelles, bassines d’eau chaude, etc. Elle avait demandé à Jean de sortir toutes les machines agricoles de la grange et de la nettoyer méticuleusement, d’y installer plusieurs grandes tables, des planches sur des tréteaux. Jean était impatient, il n’avait jamais assisté à ce sacrifice. Grâce au foin du grenier et aux portes fermées, les cris du goret seraient, espéraient-ils, fortement étouffés, l’éloignement du voisinage ferait le reste. L’homme habile musela l’animal dès son arrivée en entourant son museau d’un torchon noué. Une corde attachée aux pattes ...
    ... arrière et il se trouva suspendu aux poutres de la grange. Astrid se précipita dessous avec une grande bassine pleine d’oignons émincés, le couteau ne trembla pas et le sang gicla illico. L’animal n’avait même pas eu le temps de crier qu’il était déjà mort. La dextérité du professionnel était remarquable et il expliquait bien, Jean se fit son élève. D’abord, arracher les onglets, il en fit un quand le charcutier fit les trois autres ; racler la peau au couteau pendant qu’Astrid l’arrosait d’eau bouillante. Puis vint la découpe, remarquable. Non seulement ses couteaux étaient affûtés comme des rasoirs, mais l’homme connaissait parfaitement l’anatomie de la bête et trouvait sans chercher les jointures sous la peau.
    
    — C’est incroyable, mais comment faites-vous, questionna Jean ?
    — Regarde, ça plie là. Tâte avec le pouce : tu sens un os et le deuxième, oui ? Tu coupes entre les deux.
    
    Ça avait l’air tellement facile ! Jean s’y essaya. Ce ne fut pas parfait, mais pas un massacre non plus. L’important était de comprendre « le truc » pour éventuellement pouvoir le refaire. Mais Astrid courait comme une folle de la maison à la grange. Jean comprit qu’il valait mieux l’aider, elle, afin qu’elle ne s’épuise pas. Le professionnel, lui, n’avait pas l’air de peiner beaucoup et allait très vite. De plus, il se contentait de débiter les morceaux, mais tout le travail restait à faire ensuite : hacher, bouillir, mettre en bocaux ou en terrines, dans la saumure ou au saloir, faire les boudins, ...
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